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Verlaine : « Les Poètes maudits » et les « Confessions », préface de Jean-Baptiste Amadieu, édition sous la direction de Maxence Caron

par admin, janvier, 2012

« Chez Verlaine, le « prince des poètes » fait parfois oublier le génie du prosateur qui, de confessions en essais critiques, demeura finalement l’un des écrivains les plus écoutés de son temps, gagnant l’unanimité sans la rechercher. L’écriture autobiographique et l’écriture critique se mêlent chez lui dans un style d’une finesse inimitable où toute distinction s’avère artificielle entre l’objectivité et la subjectivité. C’est dans la fantaisie que l’ami qui enseignait jadis à Rimbaud combien la musique était prise dans le verbe et combien la poésie s’animait de la libérer afin de faire mieux luire le Sens, c’est dans le détachement burlesque que Verlaine, désormais mûrissant, et se renouvelant silencieusement sans cesse, devient, avec l’infaillible acuité qui rappelle celle du grand aîné Baudelaire, un prophète aujourd’hui méconnu. Avant que toutes les audiences ne se soient constituées, il reconnaît la grandeur à même l’exigeante discrétion de certains de ces artistes mangeurs de pain noir qu’il appelle les « poètes maudits » et dont tous les noms survivront au temps.
Cet homme dont la richesse intérieure sait unir la dérision, le baroque, la rigueur, la musique, la pensée, le classicisme, a fait de sa page une constante avant-garde qui n’est autre que celle de l’authenticité au travail. Verlaine, pas moins que Rimbaud mais « parallèlement », en un pèlerinage autre, en un chemin auquel est consubstantiel le recueillement, entend toujours mieux en soi la voix de l’Essentiel dont il constate la sublime autant que miséricordieuse Différence.
Le Dieu confessé à qui Verlaine, en dépit des quotidiens accidents de son aventureuse et douloureuse existence, n’oubliera plus d’être fidèle, est un Dieu aimant et aimé. Le catholicisme de Verlaine est une religion révélée tout en nuances et beautés, la religion d’un homme à qui les épreuves montrèrent, mystérieux et pénétrant, le Cœur de l’Absolu. La douceur du divin Cœur se reflète analogiquement dans les accents de la langue que sut recevoir et prononcer l’âme de Verlaine, poétique, quintessente et blessée. »

Maxence Caron

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