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« Le Vollandais houlant et sa trière veillent l’heure », de Maxence Caron

par admin, mai, 2013

Le Vollandais houlant et sa trière veillent l’heure *

15 mai 2012
Au lendemain d’un renouvellement quinquennal,
regard d’un non-votant sur la Franscaille qui urne

 

 Jerome Bosch, la nef des fous

 

[…]

Afin qu’entre connivents il soit loisible de se parler, une tribu nouvellement unie autour du faciès empaillé et remplumé du chef dont elle est symboliquement nécessiteuse, possède aussi, toujours, ses signaux de fumée – ici ses nuages de suie sans flamme, tous emplis d’un sens clos. Des codes peuvent s’avérer parfaitement plats, la fadeur cependant d’aucune fadaise ne lui ôte jamais la vertu de manifester les labyrinthes gluant ses conventions et le méli-mélo de son chiffre.

Une fois écrémé le nouveau chef afin qu’il déterre la hache à guéguerre et qu’il parte à la conquête du territoire, chacun de ses larbins espère couvrir de sa propre pelure l’un des sièges d’où l’on peut oukaser sans remuer la culasse quoiqu’aucun ne se soit jamais demandé d’où vient qu’à s’y délecter une signification soit accordée ; et chacune de ses squaws plie de l’éventail puisque espère d’être récompensée comme il se doit. Tout bouge alentour, c’est l’affairement, c’est l’excitoire dans l’espoir de devenir le domestique ou la couche-toi-là de la minute d’après, celui ou celle dont les services valetailleux ouvriront ce que le jargon politique nomme « un portefeuille » ; tout remue donc d’inventions, d’intrigues, le compliment accumule le poids de la flaque où spume méthodiquement la polymorphologie de ses postillons, et l’on crée conséquemment des symboles de ralliement : ainsi de certaines danses en qui ce nouveau cycle de la vie partisane se reconnaît comme s’il était auteur paradoxal d’un nouvel art premier tout brûlant d’être déjà dernier.

Or il se trouve que la chorégraphie du rituel vollandique me chatouille : elle est assurément trop bête pour être honnête. Simultanément gavée de sens secret et bourrelée de contenus obvies, elle s’impose imperceptiblement comme l’un de ces serpents que je soupçonne d’être un signifiant qui, la saloperie, siffle et se secoue sans souplesse sur le sol soit sous nos têtes.

[…]

L’ensemble de ce texte paraîtra début 2015 aux éditions Séguier en prélude au traité De l’art comme résistance à l’implication politique.

 


* Texte écrit quelques jours après le 2è tour de l’élection présidentielle.