Skip to content

« Le génie du judaïsme », de Maxence Caron dans le « Service Littéraire »

par admin, septembre, 2016

Dans le numéro 98 du Service Littéraire (septembre 2016), on pourra lire « Le génie du judaïsme », de Maxence Caron, qui médite sur le bel ouvrage du rabbin Mark S. Kinzer : Scrutant son propre mystère Nostra aetate, le peuple juif et l’identité de l’Église.

 

Le Génie du Judaïsme

 

L’élite de la Françonnerie désirait que la Religion vraie ne demeurât point celle de la majorité de son peuple… N’ayant pu changer la Vérité, l’aramon théophobe de cette élite françonne trouva plus commode d’entreprendre l’amélioration de la population. À l’heure où la Françonnerie se réveille toute explosive et gorgée du génie barbaresque, s’étonnant des arithmétiques conséquences d’avoir fait de soi le faubourg d’une Mecque, tous se sont mis à bramer la fin des temps, et non celle de leur sottise malheureusement. En cette atmosphère de bêterie à quoi je ne me s’associe guère, un puissant aspect, inconnu, m’est revenu de l’Apocalypse et dont parle saint Paul en Rm. XI : la réconciliation finale des Juifs et des Chrétiens. Le récent livre constamment erroné où Bernarrache Lévy croit qu’il lui est héréditairement loisible de disserter sur « l’esprit du Judaïsme », n’en parle pas : autant lire les conclusions privées d’un rejeton de cardinal Borgia. Toutefois la traduction vient de paraître de l’œuvre remarquable d’un rabbin américain, Mark Kinzer, dont le travail est mondialement célèbre hormis ici, où l’on se contente de Bernarrache Lévy. Mark Kinzer n’est pas une personnalité syncrétique, c’est tout l’intérêt : il parle dans son orthodoxie. Et c’est depuis la profondeur de celle-ci que sa fidélité même à la pensée juive le conduit à dégager une unité spirituelle native avec l’Église. Une réalité est à l’œuvre qui constitue le destin commun des Juifs et des Chrétiens. Ainsi, dit-il, « si nous qui sommes juifs, nous efforçons de vivre de manière typiquement juive la condition de disciple éclairé par la tradition religieuse juive, nous devenons un signe sacramentel du lien spirituel qui unit l’ecclesia à la judéité de naissance ». Ici s’épanouit la belle thèse de Rosenzweig dont L’Étoile de la rédemption regardait la relation de la Torah et de l’Église comme celle du centre de l’Étoile de David au rayonnement de ses six branches. Et ici parle la prophétie de Paul.

Maxence Caron

 

Mark S. Kinzer, Scrutant son propre mystère, Parole et Silence, 2016, 312 p., 26 €.