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Nov 2018

L.-F. Céline au front en 1914 : quelques lignes de « Voyage au bout de la nuit »

par admin

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Voyage au bout de la nuit [chap. III], Denoël, 1932
(© Ed. Gallimard)

« Tout arrive et ce fut à mon tour de devenir brigadier vers la fin de ce même mois d’août. On m’envoyait souvent avec cinq hommes, en liaison, aux ordres du général des Entrayes. Ce chef était petit de taille, silencieux, et ne paraissait à première vue ni cruel, ni héroïque. Mais il fallait se méfier… Il semblait préférer par-dessus tout ses bonnes aises. Il y pensait même sans arrêt à ses aises et bien que nous fussions occupés à battre en retraite depuis plus d’un mois, il engueulait tout le monde quand même si son ordonnance ne lui trouvait pas dès l’arrivée à l’étape, dans chaque nouveau cantonnement, un lit bien propre et une cuisine aménagée à la moderne.
Au chef d’État-major, avec ses quatre galons, ce souci de confort donnait bien du boulot. Les exigences ménagères du général des Entrayes l’agaçaient. Surtout que lui, jaune, gastritique au possible et constipé, n’était nullement porté sur la nourriture. Il lui fallait quand même manger ses œufs à la coque à la table du général et recevoir en cette occasion ses doléances. On est militaire ou on ne l’est pas. Toutefois, je n’arrivais pas à le plaindre parce que c’était un bien grand saligaud comme offi- cier. Faut en juger. Quand nous avions donc traîné jusqu’au soir de chemins en collines et de luzernes en carottes, on finissait tout de même par s’arrêter pour que notre général puisse coucher quelque part. On lui cherchait, et on lui trouvait un village calme, bien à l’abri, où les troupes ne campaient pas encore et s’il y en avait déjà dans le village des troupes, elles décampaient en vitesse, on les foutait à la porte, tout simplement ; à la belle étoile, même si elles avaient déjà formé les faisceaux.
Le village c’était réservé rien que pour l’État-major, ses chevaux, ses cantines, ses valises, et aussi pour ce saligaud de commandant. Il s’appelait Pinçon ce salaud là, le commandant Pinçon. J’espère qu’à l’heure actuelle il est bien crevé (et pas d’une mort pépère). Mais à ce moment-là, dont je parle, il était encore salement vivant le Pinçon. Il nous réunissait chaque soir les hommes de la liaison et puis alors il nous engueulait un bon coup pour nous remettre dans la ligne et pour essayer de réveiller nos ardeurs. Il nous envoyait à tous les diables, nous qui avions traîné toute la journée derrière le général. Pied à terre ! À cheval ! Repied à terre ! Comme ça à lui porter ses ordres, de-ci, de-là. On aurait aussi bien fait de nous noyer quand c’était fini. C’eût été plus pratique pour tout le monde.
« Allez-vous-en tous ! Allez rejoindre vos régiments ! Et vivement ! qu’il gueulait.
– Où qu’il est le régiment, mon commandant ? qu’on demandait nous…
– Il est à Barbagny.
– Où que c’est Barbagny ? – C’est par là ! »
Par là, où il montrait, il n’y avait rien que la nuit, comme partout d’ailleurs, une nuit énorme qui bouffait la route à deux pas de nous et même qu’il n’en sortait du noir qu’un petit bout de route grand comme la langue. Lire la suite…

Nov 2018

Henry Spitzmuller : « Carmina sacra » dans les « Classiques favoris »

par admin

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Henry Spitzmuller (Ed.)

Carmina sacra

Poésie latine chrétienne du Moyen Age

IIIe-XVesiècle

« Wilamowitz, le plus fameux des philologues allemands, dit de la poésie latine en général qu’elle n’atteint son sommet que lorsqu’elle acquiert dans les nouvelles formes rythmiques chrétiennes une richesse que les Romains n’ont jamais possédée. Henry Spitzmuller le sait bien lorsqu’il publie en 1971 un livre magistral et monumental, une somme bilingue de poésie latine chrétienne couvrant la totalité du Moyen Age – un millénaire et quart. De ce livre de référence, même cinquante ans plus tard, il n’existe pour le lecteur français aucun équivalent. Aucune publication n’a, comme celle-ci, donné accès à la vastitude poétique et littéraire de ce premier millénaire. Ces 1200 ans de poésie, du IIIsiècle au XVe, commencent à Rome avec le christianisme, dans cette langue latine qui est le socle de la nôtre. L’ouvrage édité par Spitzmuller ne comble pas seulement une lacune, mais il efface un gouffre d’ignorance. Dès sa parution l’on ne cessa de s’y référer. De nombreux auteurs et de nombreuses œuvres ne se trouvent en effet qu’ici.

On peut lire ce volume aussi bien en esthète qu’en mystique, aussi bien en philosophe qu’en historien. Des figures centrales le composent qui, réduites à leurs travaux théoriques par un siècle partisan, ne purent donc apparaître comme étant aussi les grands écrivains et poètes de leur temps : saint Ambroise et saint Augustin, Lactance, Boèce, Commodien, Prudence, Arator et le pape saint Grégoire le Grand (qui donna son nom au chant « grégorien »), mais également Bède le Vénérable, saint Pierre Damien, saint Anselme, Abélard, saint Bernard, sainte Hildegarde, Adam de Saint-Victor, Alain de Lille, Thomas de Celano, saint Bonaventure, saint Thomas, Jacopone da Todi, Thomas a Kempis, Savonarole, Pic de la Mirandole… Au total ce sont cent-seize écrivains médiévaux dont on découvre l’œuvre poétique : des auteurs célèbres que l’on n’a pas encore lus, aussi bien que des auteurs inconnus dont, sans le savoir, l’on a déjà entendu les pages car elles font partie du patrimoine de l’humanité. S’ajoute à cela un large ensemble de textes anonymes transmis par la tradition populaire ou liturgique, et qui, des Hymnes de Pâques du Vsiècle aux Cantiques de Noël du XVen passant par la Lamentation de l’âme damnée ou le Rythme pour le jour du Sabbat éternel, sont autant de chefs-d’œuvre dont l’existence imprègne l’histoire littéraire tout autant que la vie de la liturgie contemporaine.

Une telle somme de poésie ne fût pas complète si elle n’était irréprochablement éditée par Spitzmuller : pédagogiquement annoté et commenté, le volume réserve deux-cents pages aux divers éclaircissements historiques ainsi qu’aux notices biographiques de chacun des auteurs. En dépit du trésor qu’il constitue à lui seul, ce livre magnifique ne fut jamais réédité et demeurait parfaitement introuvable. À ceux qui vont découvrir ce grand-œuvre comme à tous ceux qui l’attendaient depuis longtemps, cette nouvelle édition fera saisir, peut-être, la façon dont certains rares ouvrages peuvent devenir le livre d’une vie. »

H. Spitzmuller, Carmina sacra — Poésie latine chrétienne du Moyen Age, édition bilingue, introduction, notices, notes, commentaires et index, 1950 pages, Belles Lettres, 2018.

Nov 2018

Les « Oeuvres philosophiques complètes » de saint Augustin dans les « Classiques favoris »

par admin

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Œuvres philosophiques complètes

de saint Augustin

Traductions sous la direction de Jean-Joseph-François Poujoulat et Jean-Baptiste Raulx. Traduction des Confessions par Pierre de Labriolle.

3 312 pages avec index général et table des matières détaillée.

2 volumes de grand format, reliés, sous coffret.

Tome I

Préface de Maxence Caron
Note sur la présente édition
Repères biographiques
Notice chronologique sur les oeuvres

Confessions
Les Soliloques
De l’immortalité de l’âme
De la vie bienheureuse
Du Maître
De l’ordre
Contre les académiciens
De la grandeur de l’âme
Traité du libre arbitre
Traité de la musique
Des moeurs de l’Église catholique
De la vraie religion
La Règle de saint Augustin
Explication du Sermon sur la Montagne
Quatre-vingt-trois questions
De la foi aux choses qu’on ne voit pas
De la foi et du symbole
De la foi et des oeuvres
Des hérésies
De l’utilité de la foi
Des deux âmes
Conférences entre saint Augustin et Fortunat
Contre Adimantus
De la nature du bien

Tome II

Enchiridion ou le Manuel
Du combat chrétien
Le catéchisme
De la continence
De ce qui est bien dans le mariage
De la sainte virginité
Avantages de la viduité
Des unions adultères
Du mensonge
Contre le mensonge
Du travail des moines
De la divination des démons
Des devoirs à rendre aux morts
De la patience
Du symbole
De la discipline chrétienne
Du cantique nouveau
De l’utilité du jeûne
De la ruine de Rome
La Trinité
La Cité de Dieu

Index général
Table des matières détaillée

Nov 2018

Saint Martin de Porrès

par admin

Saint Martin de Porres

Saint Martin de Porrès
Religieux du Tiers Ordre de Saint Dominique
(1579-1639)

 

Martin naît à Lima, dans l’Amérique méridionale, le 9 décembre 1579. Son père, Don Juan de Porres, était un conquérant espagnol, et sa mère, Anna Velasquez, une esclave noire devenue libre. Comme Martin ressemblait beaucoup à sa mère par sa couleur, son père l’abandonna à son sort. Sa pureté de mœurs, sa modestie, son humilité et sa charité pour les pauvres furent les vertus caractéristiques de son enfance et de toute sa vie.

 

À quinze ans, Martin de Porres entra dans le Tiers-Ordre de St-Dominique. Il déploya son dévouement dans l’office d’infirmier dont il fut chargé.

 

Dieu se plut à honorer l’éminente charité de son serviteur en le gratifiant de faveurs extraordinaires. Tout comme le St Padre Pio, St Martin de Porres connaissait les secrets des cœurs, prédisait l’avenir, dévoilait les ruses des démons et repoussait leurs assauts avec autorité. Pendant une épidémie qui sévit au couvent du Rosaire, on garda toutes les portes closes. Les malades furent ébahis de constater la présence subite du saint près de leur lit. On a vu et entendu St Martin de Porres en Europe, en Chine, en Algérie, au Japon, alors qu’il n’a jamais quitté l’Amérique.

 

Quoiqu’il n’eût point fait d’études religieuses, l’humble infirmier résolvait les plus graves questions de la théologie avec tant de sûreté que les hommes les plus doctes proclamaient avec émerveillement que sa science ne pouvait lui venir que du ciel.

 

Il meurt à Lima, à l’âge de soixante ans,  le 3 novembre 1639.

Béatifié le 19 mars 1836, par le pape Grégoire XVI (Bartolomeo Cappellari, 1836-1846), Martin de Porres a été canonisé le 6 mai 1962 par saint Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli, 1958-1963).

Jul 2018

Pétrarque par Maxence Caron, dans le « Service Littéraire »

par admin

En couverture du Service Littéraire de juillet-août 2018 (numéro 119), un article de Maxence Caron sur l’oeuvre de Pétrarque.

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May 2018

« La Transcendance offusquée » dans le Bloc-Notes de BHL

par admin

Dans son Bloc-Notes paru dans Le Point le 3 mai 2018, Bernard-Henri Lévy médite sur La Transcendance offusquée

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Cliquer sur l’image pour agrandir

Feb 2018

Parution de « La Transcendance offusquée »

par admin

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La Transcendance offusquée — De la philosophie
Les Belles Lettres, 2018, 1056 pages.

4e de couverture :

« La philosophie n’avait pas encore commencé. C’est fait. »  M. C.

 

Table des matières

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Feb 2018

Huysmans par Maxence Caron, dans le « Service Littéraire »

par admin

A la une du Service Littéraire de février 2018 (numéro 114), un article de Maxence Caron sur l’oeuvre de Huysmans.

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