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Jan 2019

Parution des « Fastes » et du « Manifeste du maxencéisme »

par admin

Fastes (De la littérature après la fin du temps), suivi de Manifeste du maxencéisme, 640 pages, Les Belles Lettres, 2019

 

4e de couverture :

« Depuis le chœur où chante notre irréfutabilité, jetons à la douloureuse figure des moribonds un apogée de zutisme mystique et d’irrévérence raisonnée. » Maxence

 

 

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FASTES

De la littérature après la fin du temps

 

Table

 

Au lecteur

 

Prologue

I. Bénédiction

II. Beckett prophète taciturne

III. Barbey d’Aurevilly, l’homme-siècle

IV. De l’essence du roman

V. L’algorithme des grands hommes de la fin de tout : Moi.x et l’infiniment petit

VI. The most excellent and lamentable tragedy of Gromégot & Nouillette

VII. Nécrologie anthume de Philippe Sollers

VIII. L’orthophonie du nouveau monde

IX. L’ambition symphonique de Gustav Mahler

X. Saint Augustin : l’ultime et le commencement

XI. Les Gloires de Vauvenargues

XII. Genèse et structure du travail de Chamfort

XIII. Rivarol ou la grande œuvre sans œuvres

XIV. Le Prince de Ligne : le dernier moraliste

XV. Joseph comte de Maistre

XVI. Artaud le précipité

XVII. Muray chez sosialistes et rathées

XVIII. Triomphe de Pétrarque

XIX. Rentrée littéraire et principes de l’exception

XX. R. Millet et ses esprits animaux

XXI. Sens et non-sens de toute exsudation sur le seuil

XXII. Un mot sur Michel Gravil

XXIII. L’œuvre poëtique de Friederike Migneco

XXIV. L’odyssée puis le silence d’Ezra Pound

 

Interlude :      Sexualités légendaires – Acte en une scène

ou :      Nietzsche reçu chez le DKrafft-Ebing

 

XXV. Huysmans et le roman même

XXVI. Muray pour personne

XXVII. Jean-François Marquet – Récapitulation

XXVIII. Silence et incarnation : la pensée de Marc Fumaroli

XXIX. Sens et lustration de la langue française

XXX. Du verbe contre les gérontopotames

XXXI. Cicéron méprisé mais souverain

XXXII. La discrète mélancolie de Pline le Majeur

XXXIII. Tertullien nucléaire

XXXIV. Le Secret de Machiavel

XXXV. Valéry le chatouillé

XXXVI. Bagatelles pour une autre fois

XXXVII. Le génie du judaïsme

XXXVIII. Luther : la laideur donnée à tout le monde

XXXIX. Des femmes et de l’art de la guerre – Méditation sur Ovide

XXX. Catulle : le rire altier en temps de détresse

XLI. La grande source offusquée

XLII. Beckett au pays des soviets

XLIII. Tout Bloy

XLIV. Maxence répond aux questionnaires de Proust et de Sternberg

 

 

MANIFESTE DU MAXENCÉISME

I. Ordinations

II. Constitution

III. Théorèmes

 

Jan 2019

Les Essais de Bernanos dans « Bouquins »

par admin

Parution des principaux essais, pamphlets et articles de Bernanos dans la collection « Bouquins »: un volume d’environ 1400 pages.

Publication sous la direction de Maxence Caron.

Édition établie, présentée et préfacée par Romain Debluë.

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Présentation de l’éditeur :

« On ne présente pas Bernanos, on l’a lu, on le lit. Soixante-dix ans après sa mort, il apparaît plus que jamais dans sa totale singularité. Bernanos n’est pas seulement un écrivain impressionnant, il est aussi un mélange étonnant d’individualité irréductible et d’engagement à la fois constant et inclassable : aucun parti politique, aucune idéologie, aucune droite ni aucune gauche n’ont pu récupérer à leur profit les essais et pamphlets de cet admirateur d’un autre « irrécupérable » : Léon Bloy.
Catholique flamboyant, Bernanos n’hésite pas, bien que royaliste de coeur, à soutenir les républicains pendant la guerre d’Espagne, ni, bien que nationaliste, à s’exiler au Brésil lorsque certains « nationaux » prennent le pouvoir en profitant de la victoire allemande de 1940. Il voit alors en Charles de Gaulle un « prédestiné » et se rallie à la cause résistante qu’il incarne.
Ce volume rassemble ses essais majeurs et un grand nombre de ses articles politiques, historiques ou littéraires, témoignages directs de l’histoire universelle vécue par l’écrivain. À côté de textes devenus des classiques, comme Les Grands Cimetières sous la lune ou Le Chemin de la Croix-des-Âmes, on trouvera ici des oeuvres fondamentales, comme Nous autres Français ou La France contre les robots, ainsi que des chefs-d’oeuvre rares mais indispensables à la compréhension de l’itinéraire de Bernanos : son Saint Dominique ou son magnifique essai sur Jeanne d’Arc, Jeanne relapse et sainte.
Lire ou relire Bernanos n’a jamais cessé d’être nécessaire et l’est peut-être plus encore aujourd’hui où ses maîtres mots et principes directeurs, « révolte de l’esprit » et « scandale de la vérité », sont les meilleures répliques au poids des conformismes et à l’inertie des consciences. »

Dec 2018

« Partis pris » : la somme des articles de Marc Fumaroli dans la collection « Bouquins », avec un essai-préface de Maxence Caron

par admin

Partis pris, ou quarante années d’articles publiés par Marc Fumaroli dans la presse, paraît dans la collection Bouquins, précédé d’un essai-préface de Maxence Caron sur La Pensée de Marc Fumaroli.

Loin des idées préconçues, l’on y apprendra que l’oeuvre de Fumaroli n’est pas celle d’un érudit parmi d’autres ou d’un simple historien littéraire sophistiqué, mais celle d’un authentique et considérable penseur.

De L’Age de l’éloquence au Sablier renversé, de L’Ecole du silence à La République de Lettres, en passant par L’Etat culturel et Paris-New York, Fumaroli, écrivain de haut style, a déployé une remarquable lecture de l’histoire en général et de la destinée de l’Europe en particulier, tout en méditant sur les fins dernières, sur le sens de la sagesse, sur la vie de l’homme et celle de l’artiste, sur les conditions de la parole et celles de l’émergence de l’oeuvre d’art. Toutes choses dont l’essai de Maxence Caron montre l’imperturbable cohérence et qu’illustre précisément la belle totalité de ces Partis pris. Fort de l’intemporalité dont il se nourrit, Marc Fumaroli, en irremplaçable auteur de « considérations inactuelles », intervient ici de manière décisive dans les questions politiques, esthétiques et littéraires de son temps.

 

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Dec 2018

4e Concerto pour piano de Beethoven par L. Bernstein et G. Gould

par admin

op. 58, Überleitung zum Finale

Manuscrit du 4e Concerto pour piano op. 58, transition vers le Finale

Dec 2018

Qu’est-ce que le « complotisme » ?

par admin

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Qu’est-ce que le « complotisme » ?

Le « complotisme » est l’injure proférée par un pouvoir d’État contre tout discours susceptible de contester son principe. Celui-ci étant le « bien » de ce pouvoir, l’État qui lui est attaché se définit lui-même comme « le Bien » et désigne comme « le Mal » absolu tout ce qui est extérieur à son fonctionnement doctrinaire. Tout discours qui construit ainsi une cohérence à l’extérieur de l’État, en est du même coup la dénonciation : étant vécu par le pouvoir établi comme un complot, ce discours est immédiatement accusé de proférer une dénonciation mensongère si grave qu’elle est mise au rang de la calomnie hallucinatoire, puis de la pathologie diabolique. Tel discours est donc accusé de rêver activement d’imaginaires motifs de réprobation contre cette seule réalité possible qu’est le pouvoir établi : toute formulation dénonçant l’injuste fonctionnement de l’ordre imposé par le pouvoir établi, est dite relever de la fantasmagorie paranoïde et bayer aux chimères d’inexistants complots contre le peuple ; ce pourquoi sous le terme de « complotisme », le pouvoir de l’État dénonce de manière systémique ce qui le dénonce.

Le pouvoir en exercice manipule la formule du « complotisme » vis-à-vis de tout ce qui ne relève pas de ce qu’il pense. Toute doctrine critique qui, pensant à l’échelle du pouvoir et se mesurant à lui, le désigne comme un adversaire et ne relève donc pas de son principe, sera désignée comme une « théorie complotiste » par l’organe d’expression de ce pouvoir : la presse. Se trouvent dès lors automatiquement enclenchés les moyens officiels du journalisme de masse : l’opprobre des dénonciations préventives et l’excitation des campagnes de dévalorisation.

Utilisant ainsi les nombreux relais de sa propagande de presse, le pouvoir d’État utilise l’accusation de « complotisme » afin que ceux qui, majoritaires ou non, possèdent des raisons de comploter réellement contre lui, soient empêchés de former une conjuration efficace.

L’accusation de « complotisme » est inventée par les démocraties mortes qui se défendent contre la liberté.

Maxence Caron

Dec 2018

Nota bene : Noam Chomsky

par admin

« Une grande partie du peuple est tout simplement hors du système : les gens ne croient pas ce que le gouvernement leur dit, ils n’acceptent rien. Ils peuvent bien n’avoir aucune organisation, aucun média, rien de tout cela : cependant ils sont là. »

Noam Chomsky
Comprendre le pouvoir

Monet, La rue Montorgueil

Nov 2018

L.-F. Céline au front en 1914 : quelques lignes de « Voyage au bout de la nuit »

par admin

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Voyage au bout de la nuit [chap. III], Denoël, 1932
(© Ed. Gallimard)

« Tout arrive et ce fut à mon tour de devenir brigadier vers la fin de ce même mois d’août. On m’envoyait souvent avec cinq hommes, en liaison, aux ordres du général des Entrayes. Ce chef était petit de taille, silencieux, et ne paraissait à première vue ni cruel, ni héroïque. Mais il fallait se méfier… Il semblait préférer par-dessus tout ses bonnes aises. Il y pensait même sans arrêt à ses aises et bien que nous fussions occupés à battre en retraite depuis plus d’un mois, il engueulait tout le monde quand même si son ordonnance ne lui trouvait pas dès l’arrivée à l’étape, dans chaque nouveau cantonnement, un lit bien propre et une cuisine aménagée à la moderne.
Au chef d’État-major, avec ses quatre galons, ce souci de confort donnait bien du boulot. Les exigences ménagères du général des Entrayes l’agaçaient. Surtout que lui, jaune, gastritique au possible et constipé, n’était nullement porté sur la nourriture. Il lui fallait quand même manger ses œufs à la coque à la table du général et recevoir en cette occasion ses doléances. On est militaire ou on ne l’est pas. Toutefois, je n’arrivais pas à le plaindre parce que c’était un bien grand saligaud comme offi- cier. Faut en juger. Quand nous avions donc traîné jusqu’au soir de chemins en collines et de luzernes en carottes, on finissait tout de même par s’arrêter pour que notre général puisse coucher quelque part. On lui cherchait, et on lui trouvait un village calme, bien à l’abri, où les troupes ne campaient pas encore et s’il y en avait déjà dans le village des troupes, elles décampaient en vitesse, on les foutait à la porte, tout simplement ; à la belle étoile, même si elles avaient déjà formé les faisceaux.
Le village c’était réservé rien que pour l’État-major, ses chevaux, ses cantines, ses valises, et aussi pour ce saligaud de commandant. Il s’appelait Pinçon ce salaud là, le commandant Pinçon. J’espère qu’à l’heure actuelle il est bien crevé (et pas d’une mort pépère). Mais à ce moment-là, dont je parle, il était encore salement vivant le Pinçon. Il nous réunissait chaque soir les hommes de la liaison et puis alors il nous engueulait un bon coup pour nous remettre dans la ligne et pour essayer de réveiller nos ardeurs. Il nous envoyait à tous les diables, nous qui avions traîné toute la journée derrière le général. Pied à terre ! À cheval ! Repied à terre ! Comme ça à lui porter ses ordres, de-ci, de-là. On aurait aussi bien fait de nous noyer quand c’était fini. C’eût été plus pratique pour tout le monde.
« Allez-vous-en tous ! Allez rejoindre vos régiments ! Et vivement ! qu’il gueulait.
– Où qu’il est le régiment, mon commandant ? qu’on demandait nous…
– Il est à Barbagny.
– Où que c’est Barbagny ? – C’est par là ! »
Par là, où il montrait, il n’y avait rien que la nuit, comme partout d’ailleurs, une nuit énorme qui bouffait la route à deux pas de nous et même qu’il n’en sortait du noir qu’un petit bout de route grand comme la langue. Lire la suite…

Nov 2018

Henry Spitzmuller : « Carmina sacra » dans les « Classiques favoris »

par admin

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Henry Spitzmuller (Ed.)

Carmina sacra

Poésie latine chrétienne du Moyen Age

IIIe-XVesiècle

« Wilamowitz, le plus fameux des philologues allemands, dit de la poésie latine en général qu’elle n’atteint son sommet que lorsqu’elle acquiert dans les nouvelles formes rythmiques chrétiennes une richesse que les Romains n’ont jamais possédée. Henry Spitzmuller le sait bien lorsqu’il publie en 1971 un livre magistral et monumental, une somme bilingue de poésie latine chrétienne couvrant la totalité du Moyen Age – un millénaire et quart. De ce livre de référence, même cinquante ans plus tard, il n’existe pour le lecteur français aucun équivalent. Aucune publication n’a, comme celle-ci, donné accès à la vastitude poétique et littéraire de ce premier millénaire. Ces 1200 ans de poésie, du IIIsiècle au XVe, commencent à Rome avec le christianisme, dans cette langue latine qui est le socle de la nôtre. L’ouvrage édité par Spitzmuller ne comble pas seulement une lacune, mais il efface un gouffre d’ignorance. Dès sa parution l’on ne cessa de s’y référer. De nombreux auteurs et de nombreuses œuvres ne se trouvent en effet qu’ici.

On peut lire ce volume aussi bien en esthète qu’en mystique, aussi bien en philosophe qu’en historien. Des figures centrales le composent qui, réduites à leurs travaux théoriques par un siècle partisan, ne purent donc apparaître comme étant aussi les grands écrivains et poètes de leur temps : saint Ambroise et saint Augustin, Lactance, Boèce, Commodien, Prudence, Arator et le pape saint Grégoire le Grand (qui donna son nom au chant « grégorien »), mais également Bède le Vénérable, saint Pierre Damien, saint Anselme, Abélard, saint Bernard, sainte Hildegarde, Adam de Saint-Victor, Alain de Lille, Thomas de Celano, saint Bonaventure, saint Thomas, Jacopone da Todi, Thomas a Kempis, Savonarole, Pic de la Mirandole… Au total ce sont cent-seize écrivains médiévaux dont on découvre l’œuvre poétique : des auteurs célèbres que l’on n’a pas encore lus, aussi bien que des auteurs inconnus dont, sans le savoir, l’on a déjà entendu les pages car elles font partie du patrimoine de l’humanité. S’ajoute à cela un large ensemble de textes anonymes transmis par la tradition populaire ou liturgique, et qui, des Hymnes de Pâques du Vsiècle aux Cantiques de Noël du XVen passant par la Lamentation de l’âme damnée ou le Rythme pour le jour du Sabbat éternel, sont autant de chefs-d’œuvre dont l’existence imprègne l’histoire littéraire tout autant que la vie de la liturgie contemporaine.

Une telle somme de poésie ne fût pas complète si elle n’était irréprochablement éditée par Spitzmuller : pédagogiquement annoté et commenté, le volume réserve deux-cents pages aux divers éclaircissements historiques ainsi qu’aux notices biographiques de chacun des auteurs. En dépit du trésor qu’il constitue à lui seul, ce livre magnifique ne fut jamais réédité et demeurait parfaitement introuvable. À ceux qui vont découvrir ce grand-œuvre comme à tous ceux qui l’attendaient depuis longtemps, cette nouvelle édition fera saisir, peut-être, la façon dont certains rares ouvrages peuvent devenir le livre d’une vie. »

H. Spitzmuller, Carmina sacra — Poésie latine chrétienne du Moyen Age, édition bilingue, introduction, notices, notes, commentaires et index, 1950 pages, Belles Lettres, 2018.