Bloc-notes de Maxence Caron : « Philosophie apolitique »

Philosophie apolitique

 

Il paraît qu’en vertu de l’Olympe dont il descend, le droit de vote est en lui-même le dieu de la liberté. Fruit mûri du totalitarisme dans les esprits pour leur faire défendre le suffrage, l’argument suivant est devenu obsessionnel : « Le vote c’est un devoir ! dit le crétinisme : quand on pense à tous les gens qui sont morts pour que nous puissions voter… » Ah ? Et quand on pense à tous ceux qui sont morts pour que nous puissions ne pas voter ? On n’en parle jamais de ces héros-là ! On devrait pourtant changer les bonnes grosses foires des dimanches électoraux en célébrations à leur mémoire : simple question d’équilibre. Ô le moment unique où se déplace toute cette immense pègre que sont les imbéciles pour donner une légitimité à ce qu’on va leur faire subir : c’est drôlement vicieux de faire du peuple l’impotent complice de la violence du pouvoir qui s’exerce sur lui. Entend-on Flaubert qui écrit à George Sand : « Le respect, le fétichisme que l’on porte au suffrage universel me révolte plus que l’infaillibilité du Pape. »

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Les hommes ne s’aiment pas les uns les autres, et quand ils arrivent à s’aimer un peu c’est pour pouvoir se détester beaucoup. L’homme à qui l’on accepte de laisser le pouvoir devient dès lors la plus dangereuse de toutes les créatures, puisqu’il est celui à qui l’on donne le moyen d’exercer concrètement sa détestation d’autrui, et d’en faire un pouvoir ainsi qu’un métier. Le politicien est l’individu en qui cette haine devient donc une habileté, une mission, une conséquence virtuose et néfaste. Faire de la détestation de l’autre homme une réalité est l’activité de chacun de ses instants. Dans les démocraties terminales où il est protégé par le blanc-seing du vote, l’homme politique est ainsi par principe un ennemi du peuple.

Maxence Caron

Revue de presse de Bossuet

Extraits de la revue de presse du coffret des Oeuvres historiques, philosophiques et politiques de Bossuet publié aux Belles Lettres dans l’édition de Maxence Caron, avec une préface de Renaud Silly o.p.

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« Il existe des œuvres qui changent le cours d’une vie et à l’égard desquelles nous contractons une dette littéraire mais aussi religieuse. Bossuet, sans nul doute, fait partie de celles-ci. » Aleteia

« Bossuet rendu à soi-même, à tout ce qu’il y a en lui de la force du bœuf (celui de son nom) et du vol de l’aigle (celui de son surnom) : il fallait bien M. Maxence Caron, qui se plaît aux défis cyclopéens, pour nous proposer en deux volumes le théologien, l’historien, le philosophe, le controversiste, le moraliste ? en un mot, l’écrivain français, dont Bossuet est à jamais la plus haute illustration. » Valeurs actuelles

« Leur lecture réserve une magnifique surprise tant on découvre, à parcourir ces pages, l’étendue du génie d’un auteur trop vite oublié par une modernité qu’il avait pressentie et méthodiquement récusée. » Le Figaro Histoire

« Poussiéreux Bossuet ? Non ! Depuis le passé il nous parle du présent. […] Ses lecteurs le comprendront : l’Aigle de Meaux, l’homme dont l’esprit est un regard d’aigle, n’a pas fini de nous donner des leçons. » Le Figaro Magazine

« Bossuet ne se réduit pas à ses célébrissimes sermons. Grâce au travail d’édition remarquable réalisé par Maxence Caron, il est possible de découvrir en deux admirables volumes la richesse de l’œuvre du « Père de l’Église ». » Les Échos 

Bloc-notes : « La virose et ses nouveaux moines »

Service Littéraire, numéro 149

Bloc-Notes de Maxence Caron (juin 2021) dans le Service Littéraire : La virose et ses nouveaux moines

Lundens, Gerrit, 1622-after 1683; Interior with a Surgeon Operating on a Man's Back

La virose et ses nouveaux moines

Quand meurt un homme d’excellence, et un homme d’excellence meurt toujours prématurément, il faut voir là un châtiment : tous sont en effet privés de lui, et sans les meilleurs la situation empire. Je pense ici à notre ami défunt, Pierre-Guillaume de Roux.

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Étonnante masse humaine, menée par les vicissitudes de ses matières… Sur la rumeur d’un virus qu’il n’a jamais vu l’homme craint pour son existence ; mais pour l’éternité de sa vie il ne craint pas Dieu, dont tous les grands hommes confessèrent la gloire. Ô la piteuse piétaille de ces gens qui génufléchissent devant un invisible microbe dont ils acceptent sans preuve la réalité, et qu’ils laissent pendant des années infliger à leur vie d’impensables mortifications – tandis que pour aimer Dieu aucune preuve ne leur suffit, aucune contrainte ne leur est acceptable… Comme tous ces esprits forts sont mémorables, aujourd’hui aplatis devant une invisible idole au nez qui coule, avec moins de preuves de sa substance qu’ils n’en ont pour connaître l’Absolu, dont ne dépendent pas quelques mois d’existence supplémentaires mais le Salut et l’Éternité ! Rien n’accuse davantage que ces nouveaux moines l’extrême faiblesse d’esprit. Face à cette endémique absurdité comportementale, il serait décent que se taisent tous ceux qui nous repassent leur rogomme ritournelle sur l’absurdité de l’existence. Est-ce cécité volontaire de calomnier l’existence et de ne pas voir qu’entre elle et pareil préjugé, ce n’est pas l’existence qui est absurde mais l’argument ? Lorsqu’en une même niaiserie dans la relation à l’invisible, le refus de Celui qui est et dont dépend le sens de toute affirmation, côtoie la préférence de se choisir un virus pour idole ascétique, alors de l’existence de Dieu une preuve par l’absurde paraît en tout son éclat. Rien ne dépasse en absurdité les raisonnements que dicte l’erratisme païen des superstitions sceptiques.

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Naturellement imbécile, la condition humaine est naturellement dubitative, et l’on ne compte plus le nombre de sots qui se disent philosophiquement sceptiques : ils rejettent ce qui est le plus universel afin, bien qu’en meutes, de passer pour des hommes d’esprit et des individualités fortes. Ce tour d’imagination sur lequel fait fond le scepticisme, n’est qu’une complaisance à s’enliser dans la contradiction de parler par dogme après avoir déclaré incertaines toutes choses : voilà certes une manière commode de sélectionner à l’avance ses conclusions. Ce dogmatisme de l’incertitude est fait pour ouvrir un droit sous-ventru à la jouissance sans limites : on ne pense plus, on se vautre puis, moutonnier rejeton de la porque et du bouc, l’on court après les plaisirs exigus en affectant un air de désespoir inspiré. Ci-gît debout éventé le scepticisme moderne ! Il est l’opinion absolument automatique, vous la trouverez chez tous. Il est ce qui unit parfaitement le bavardage de l’intellectuel et le discours des concierges, qu’on ne distingue plus depuis longtemps. Il est le prétexte des accroupis à croupir, et il n’est parole de rien. L’homme sceptique : plaisant flatulacier qu’une bonne bière borne…

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Or voici que les hommes ont inventé une civilisation entièrement fondée sur le doute et qu’ils font croître avec la foi d’un charbonnier perverti. Voici dans l’institution sceptique et la personnalité laïque la continuelle célébration des demandes pansues. Chacun se fait de l’errance une idole et vit avec un souvenir du bonheur qu’il reporte sur la tripe. Dans la déchirure fixe où cette chute compose, le paradoxe paraît lorsque, confronté aux conséquences de ses décisions, le sceptique contemporain gémit de voir effondrées les valeurs traditionnelles : navré de conséquences dont il incarne les causes, il voudrait oublier qu’il est lui-même le premier ennemi des dieux qu’il pleure. L’obscur ennemi qui lui ronge le cœur croît et se fortifie du sang que le scepticisme contemporain ne perd pas !

Maxence Caron

Chateaubriand dans Bouquins

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Parution du Génie du Christianisme dans la collection Bouquins, accompagné d’une série de textes historiques, pamphlets et essais politiques de Chateaubriand.

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Le Génie du Christianisme n’est pas seulement un grand livre parmi quelques autres : il est un événement de l’Histoire. L’homme contemporain ne saurait mesurer le succès dont l’œuvre fut l’objet lorsqu’elle parut en 1802 dans la France de Bonaparte : il n’en existe aucun équivalent. Depuis Chateaubriand rien n’est comparable à ce livre de Chateaubriand. Le Génie du Christianisme est non seulement l’impressionnant chef-d’œuvre d’un jeune inconnu, mais c’est aussi un phénomène de société. L’intelligentsia du XVIIIe siècle avait nié le Christianisme, et la Révolution française le persécuta : publié après un siècle de mépris et une décennie d’assassinats, l’éclat de ce livre magistral fut accueilli comme preuve de la Libération.

Chateaubriand écrit un ouvrage jamais vu, une synthèse de toutes les beautés de la religion chrétienne à travers le temps, dans les arts, les mœurs et la pensée ; il abat les caricatures, il réfute, il démontre, il admire, il contemple. D’un seul coup et au sein d’un style immense, l’ouvrage permet de se constituer une culture biblique, hellénique, latine, médiévale et classique sur tous les sujets de la littérature et de la philosophie. C’est l’un des services que rend l’humanisme de cet universalisme chrétien que la langue grecque nomme catholique. Le Génie du Christianisme est ainsi une bibliothèque – une bibliothèque de splendeurs. Souvent éditée sans respect du texte voulu par Chateaubriand, l’œuvre était difficile à trouver, ou à manier : la voici en un seul volume et dans son intégralité.

Nous lui avons joint plusieurs textes aussi décisifs qu’introuvables : les aphorismes inédits de Chateaubriand, ses pamphlets contre Napoléon ou Louis XVIII, ses réflexions politiques et prophétiques sur l’état de la France, etc. Parfaitement inclassables donc « politiquement incorrectes », ces œuvres ont un unique souci, celui de la liberté : faite à l’image même de Dieu la liberté y est protégée comme une terre sacrée, et discernée de tous ses simulacres si durablement destructifs que brièvement enchanteurs. Cœur du génie chrétien, la liberté est célébrée par Chateaubriand comme un modèle de sagesse pour les temps de crise.

Auteur d’une trentaine d’œuvres qui forment un système nouveau de la pensée et des arts, Maxence Caron en poursuit l’achèvement. Il est directeur de collection aux Belles Lettres. Éditeur pour la collection Bouquins, il y a dirigé la publication de plusieurs ouvrages.

Bloc-Notes : « La démocratie fait-elle bon usage de soi ? »

Service Littéraire, numéro 146

Bloc-Notes de Maxence Caron (mars 2021) dans le Service Littéraire : La démocratie fait-elle bon usage de soi ?

La démocratie fait-elle bon usage de soi ?

« Définissez la politique. — Certes ! La politique est cette activité qui, par l’expression légale des instincts les plus bas, rend systématiquement plus probable le pire. Vous votiez ? J’en suis fort aise. Eh bien ! expiez maintenant. » C’est ainsi toujours de soi que souffre, à travers l’exercice d’un pouvoir qu’elle élit et laisse faire, la nonchalance stupéfaite et bestiale du vulgaire.

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Le normalien est cette race à part : la race du tout-venant. Toujours tatillon, jamais génial, le normalien bredouille la forme de conscience qu’attend de soi la majorité. Normalien n’est pas un titre, c’est un état d’esprit. C’est parce qu’il y a des normaliens, soit de nombreux esprits femelles, que l’on réimprime certains auteurs dénués de tout génie, mais dont les manies à ausculter pour eux-mêmes, en un narcissisme sans fin, les facettes de leurs impuissances, ont produit en creux quelques remarques pertinentes sur l’être de l’art, qu’ils n’ont jamais regardé que de loin. En ce sens, et de même que chez un méticuleux normalien, on apprend de ces choses-là en regardant Michel Leiris scruter ce dont il est incapable : comme l’agrégé que sécrète la rue d’Ulm, c’est là l’homme de la rue qui, avec un air pincé de collectionneur avaricieux, parle de ce qui le dépasse et croit pouvoir rêver d’en participer un peu. L’on croise ainsi quelques sentences instructives dans le Journal de Leiris récemment réimprimé chez Gallimard dans la collection Quarto, et notamment cette belle et juste pensée sur la différence nette entre les poètes et les auteurs de diaire, qu’il s’applique à lui-même : « Me voilà devenu chroniqueur, au lieu d’être poète : écriture d’après coup : écriture qui relate, transcrit, et non écriture qui produit. » Il est rare, en effet, qu’un poète ait écrit un journal. Et, si ce que publia Leiris ne vaut pas un rotin, l’on ne perdra toutefois pas son temps à ne négliger pas cette chose idiosyncrasique qu’il ne publia pas.

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La Vérité est Vérité d’être antécédente et première. Elle est Vérité de nous précéder en tout et jusqu’à l’impulsion par laquelle nous est suscité le désir de la chercher, de la rencontrer, d’aller vers elle. L’alogie capitale, et qui est un radical contre-sens d’iniquité, le péché d’irrationalité originelle, la faute automatique de notre esprit, sa plus grave erreur, partout répandue et qui fait un déluge de crachats typhonnant entre les bouches humaines amassées autour du vide de leur flux de caquet, cette alogie consiste à transformer notre vacuité en un tribunal osant se mêler de juger la précédence initiale et d’évaluer Dieu. À chaque instant de la vie le drame de l’homme se joue dans la rationalité du type de relation qu’il consent devoir à la Vérité : il la place avant ou après lui. Aucune morale ne compte ni ne vient avant cette réalité. Et l’homme ne sait rien s’il ne connaît ceci : ce n’est pas à nous à établir la part que nous devons d’obéissance à l’Absolu. Le cathédrant c’est l’autorité de la raison, et celle-ci n’ignore que volontairement combien la volonté de la Vérité a son rang au-dessus des humaines contestations.

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La démocratie pléthomane fabrique de l’imbécile. Et la peste dont ces imbéciles sont malades c’est la crédulité de savoir sans penser. Ils ont beau ne jamais chercher pour leur cerveau que la première occasion de s’anonchalir et s’avachir, cependant, ignorants et grégaires, ils ont l’opinion de savoir. D’où ces défilés de bavardages animés par d’abasourdissants balochards, dont ne point s’extraire des débats est perdre son âme. La sagesse, c’est de se rasseoir en soi, mais les natures triviales sont garrotées par la certitude que se montrer est une récompense immortelle. Il faudrait que me vînt compassion du vulgaire abusé de ses folies, mais comment ? Il veut si délibérément ses insanités et avec un tel cœur : il les préfère ! Et c’est en toute conscience qu’au regard de l’océan de vive essence qui lui est ouvert, il va à la souille et plonge à la cloaca. Vasarde, la démocratie commence et finit dans l’exercice de gueule.

Maxence Caron

Bloc-Notes : « Triomphe coronal d’une nation épidémique »

Service Littéraire, numéro 145

Bloc-Notes de Maxence Caron (février 2021) dans le Service Littéraire :
Triomphe coronal d’une nation épidémique

 

Triomphe coronal d’une nation épidémique

 

Les Français ne peuvent se déprendre de leurs crimes, ni de s’y appliquer sans applaudissements. Qu’est certes un pays dont une grippe suffit à émouvoir la noise… En telle occise situation de pathologie nationale, et quand un éternuement suffit à achever l’affaire, n’importe quel rhume eût fait son office.

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Il n’y a rien de bon mais seulement un symptôme lorsque l’innumérable multitude des sots se fait vulgaire discoureur d’apocalypse, lorsque la populace fabrique sa collapsolalie et s’en vante. Ils vont, sans objet, poussant partout leurs jappements. Dans le vaste consentement amoral où l’ahuri majoritaire a laissé gésir l’Histoire, la vanité des masses ennuyées et l’immensité de leur désert sont si grandes que le vulgum, ainsi qu’une Cassandre au destin renversé et qui fût entourée de clones approbateurs, s’abîme dans la prédiction de telle imminente peste noire comme dans la jouissance de sa plus haute satisfaction intellectuelle. Regardez-les confus et guindés, qui font les indécis comptes des états de l’immanence ! Ils se saillissent les uns sur les autres : ô l’excitation tumultuaire ! ô l’ivrogneuse pousserie ! Partout l’on vaticine sur tel immédiat choléra mondial pour se donner le plaisir de l’avoir prévu. Je récuse cette vicieuse forme d’opiner. La Vérité a dit : « il y aura des épidémies » (Luc XXI, 11). Mais la Vérité procède clairement : « Quand j’agirai, j’agirai vite », dit-elle à Isaïe (LX, 21). Les épidémies d’Apocalypse seront des hécatombes limpides, non d’imprécises angines. Sous peine de contradiction sur le mot et la chose, il n’y a sûrement pas d’Apocalypse « asymptomatique ».

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« Si Dieu est bon, s’il est amour, alors il n’y a pas d’enfer » disent-ils, et c’est l’argument dont ils se payent et s’entreplâtrent. Mais c’est Dieu, et non l’homme, qui est Amour et qui est Bonté. Ne vont ainsi en enfer que ceux qui veulent l’enfer ou le préfèrent. L’enfer est un effet de la bonté de Dieu : la délicatesse de cette infinie et divine bonté a prévu l’enfer pour ceux à qui le Paradis serait infernal.

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Un complot mondial est impossible à échelle humaine. Une dissimulée et sournoise société de canailles charogneuses et autres crapules assoiffées peut évidemment se former – à commencer par la société des hommes en son ensemble… Une surnuméraire société d’arsouilles, une société de méchants intéressés, dotée de ses invisibles argousins, peut se constituer, et de telles il y a. Mais justement, en tant que telle elle ne peut subsister : si existe une société motivée par le mauvais, il ne peut, par définition, y avoir d’amitié entre les mauvais. Vivant dans la discorde que porte constamment avec soi l’égoïsme au nom de quoi ils se sont regroupés, leurs désirs de puissance n’atteignent pas à satisfaction et forment une société divisée qui n’a aucune force de gouvernement. Chacun finit par y détester ses confrères encore plus qu’il ne hait la masse de ceux pour le contrôle de qui il s’est acquis de tels confrères. Divisée par son origine même, une société de complot est divisée contre elle-même et n’a nulle capacité à contrôler un pays, un continent ou le monde – sans le consentement des peuples : par sa complaisance le pouvoir du peuple est complice des crimes dont il s’indigne mais qu’il connaît, ce pourquoi on veut à ce point le faire voter. Aucune « société secrète » ne peut subsister car sa mesure est uniquement soi : cette identité est la somme des égoïsmes, et hors référence au Transcendant les groupes humains se défont, leur horizontalité a pour fatalité l’évanescence puis la disparition. Il n’y a d’invasions barbares que si les barbares sont d’abord à l’intérieur : ils sont cet autochtone apostat et atone, décérébré, inculte, amolli et athée, qui, de tout son cœur, précède à bras ouverts l’envahisseur. Les Français veulent le bonheur, ils estiment que Dieu le leur doit ; mais non contents de le fuir, ils ne savent se déprendre de leurs crimes, ni de s’y appliquer sans une épidémique approbation.

Maxence Caron