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Feb 2019

Les « Fastes » de Maxence : Extrait du prologue « Au lecteur »

par admin

Extrait du prologue Au lecteur

 

« Je suis impropre au putanat.
Incapable. Borné. Inapte. Recalé.

Car voilà : si au nom de quelque règle parfaitement arbitraire dont la nullité ne sert qu’à faire fader les bibasses, […] si je refusais d’entendre combien le risque est intégré à la langue quand, loin d’être monnaie d’échange, loin d’être trafic entre bourgeois, elle est poëme, si je refusais l’exigence d’un style qui sera appelé « folie » par la sagesse des hommes, si je refusais ainsi l’exigence créatrice qui est au cœur du verbe et le poëme qui est au cœur de l’expression – ce serait en réalité Dieu que je refuserais : car je refuserais entre autres les conséquences et les épreuves que me vaut un livre déduit des exigences dues à la Vérité.

Qui suis-je pour refuser au Maître l’aumône d’être génial ?

Qui suis-je pour refuser au Maître l’aumône de subir les crachats des cancres ?

En se rendant accessible pour que nous pussions parler, l’infinité du Verbe nous a suscités, puis le Verbe s’est fait chair. Se montrant au contact de l’être d’homme comme étant Lui-Même le Pauvre par excellence, Dieu demande à l’écrivain l’aumône d’une langue absolument singulière afin que soit dite la singularité de ce qui est essentiel.

Ainsi, se mêlant à la pensée la plus neuve, la singularité du style est-elle une exigence intraitable. Le génie est un commandement. Le Principe me demande cette aumône d’un style inouï, autant qu’il me demande moi-même : le Principe me demande cette aumône d’un style inouï que voudra rendre vaine la totalité de ceux, innombrables, dont, dans l’indolence de l’esprit bourgeois et de tout bourgeoisage, les jours s’écoulent à crucifier la Vérité. Le Principe me demande que, seul et pauvre dans la singularité de mon œuvre intraitablement dénuée de toute prostitution, je sois pauvre avec Lui qui habite crucifié parmi nous. Il demande l’aumône de ma pauvreté, et je la lui refuserais si, pour plaire à tel pourvoyeur de gloires minuscules, tel journaliste, tel éditeur-réécriveur, tel public de gueux, si, donc, selon des règles qui sont celles non de la pensée mais de la paresse du monde et de sa croyance qu’il est légitime de ne jamais penser, je censurais ou raturais quoi que ce fût qui incommodât l’oreille bourgmestriquée, quoi que ce fût d’éternel, quoi que ce fût d’inhabituel comme est inhabituelle la Différence de l’Éternité. Je n’ai pas le droit, en affadissant ma phrase pour ceux qu’illumine et guide l’un des péchés capitaux, je n’ai pas le droit de refuser à l’Ultime, qui s’est fait pauvre pour que nous ayons idée de Lui, je n’ai pas le droit de Lui refuser l’aumône de ma pauvreté.

C’est ainsi qu’il faut aimer l’Essentiel quand on écrit, et quels que soient les soucis que font les hommes. »

Maxence

Voir aussi l’extrait de « Bénédiction », le poëme inaugural

(Fastes, suivi de Manifeste du maxencéisme, Belles Lettres, 2019)

Feb 2019

Spinoza : les œuvres complètes dans « Bouquins »

par admin

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Parution des Oeuvres complètes de Spinoza dans la collection « Bouquins » : un volume de 1440 pages.

Publication sous la direction de Maxence Caron.

Traduction de Charles Appuhn.

Édition établie et présentée par Thibaut Gress.

IntroductionLexique de la philosophie de Spinoza et Lexique de la réception historique de Spinoza par Thibaut Gress.

Etonnamment regardé comme un philosophe étrange égaré au milieu du XVIIe siècle, Spinoza (1632-1677) est en réalité une synthèse des païennes sagesses antiques dans la langue inventée par Descartes. Ce mélange d’hygiène et de géométrie a pour avantage de léguer aux hommes de bonne volonté, comme en un manuel de grand rationalisme, un système sur lequel échoue et achoppe la contemporaine et dogmatique manie de relativisme.
Depuis Les Principes de la philosophie de Descartes jusqu’à l’Éthique, en passant par le Traité politique, le Traité théologico-politique, le Traité de la réforme de l’entendement, le Court Traité, les Pensées métaphysiques et la totalité de la Correspondance, cet ouvrage contient tout Spinoza, dans ce qui demeure jusqu’à nouvel ordre sa meilleure traduction, celle de Charles Appuhn. Le volume a été conçu de manière pédagogique : expliquant chacune des grandes notions spinozistes, il a été doté par Thibaut Gress, entre autres outils, d’un précieux lexique. Ce livre est à ce jour le moyen le meilleur et le plus simple de lire Spinoza dans ses oeuvres.

Feb 2019

« Fastes » du maxencéisme : extrait de « Bénédiction », le poëme inaugural

par admin

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Cliquer sur la couverture pour lire
l’extrait du poëme « Bénédiction »

Maxence Caron, Fastes, suivi de Manifeste du maxencéisme, Les Belles Lettres, collection « Essais », broché, 640 pages, 2019

Jan 2019

Un bel article du « Point » sur les « Fastes »

par admin

Article de Marine de Tilly dans Le Point du 24 janvier 2019 :

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Cliquer sur l’image pour agrandir et lire

Jan 2019

Parution des « Fastes » et du « Manifeste du maxencéisme »

par admin

Fastes (De la littérature après la fin du temps), suivi de Manifeste du maxencéisme, 640 pages, Les Belles Lettres, 2019

 

4e de couverture :

« Depuis le chœur où chante notre irréfutabilité, jetons à la douloureuse figure des moribonds un apogée de zutisme mystique et d’irrévérence raisonnée. » Maxence

 

 

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FASTES

De la littérature après la fin du temps

 

Table

 

Au lecteur

 

Prologue

I. Bénédiction

II. Beckett prophète taciturne

III. Barbey d’Aurevilly, l’homme-siècle

IV. De l’essence du roman

V. L’algorithme des grands hommes de la fin de tout : Moi.x et l’infiniment petit

VI. The most excellent and lamentable tragedy of Gromégot & Nouillette

VII. Nécrologie anthume de Philippe Sollers

VIII. L’orthophonie du nouveau monde

IX. L’ambition symphonique de Gustav Mahler

X. Saint Augustin : l’ultime et le commencement

XI. Les Gloires de Vauvenargues

XII. Genèse et structure du travail de Chamfort

XIII. Rivarol ou la grande œuvre sans œuvres

XIV. Le Prince de Ligne : le dernier moraliste

XV. Joseph comte de Maistre

XVI. Artaud le précipité

XVII. Muray chez sosialistes et rathées

XVIII. Triomphe de Pétrarque

XIX. Rentrée littéraire et principes de l’exception

XX. R. Millet et ses esprits animaux

XXI. Sens et non-sens de toute exsudation sur le seuil

XXII. Un mot sur Michel Gravil

XXIII. L’œuvre poëtique de Friederike Migneco

XXIV. L’odyssée puis le silence d’Ezra Pound

 

Interlude :      Sexualités légendaires – Acte en une scène

ou :      Nietzsche reçu chez le DKrafft-Ebing

 

XXV. Huysmans et le roman même

XXVI. Muray pour personne

XXVII. Jean-François Marquet – Récapitulation

XXVIII. Silence et incarnation : la pensée de Marc Fumaroli

XXIX. Sens et lustration de la langue française

XXX. Du verbe contre les gérontopotames

XXXI. Cicéron méprisé mais souverain

XXXII. La discrète mélancolie de Pline le Majeur

XXXIII. Tertullien nucléaire

XXXIV. Le Secret de Machiavel

XXXV. Valéry le chatouillé

XXXVI. Bagatelles pour une autre fois

XXXVII. Le génie du judaïsme

XXXVIII. Luther : la laideur donnée à tout le monde

XXXIX. Des femmes et de l’art de la guerre – Méditation sur Ovide

XXX. Catulle : le rire altier en temps de détresse

XLI. La grande source offusquée

XLII. Beckett au pays des soviets

XLIII. Tout Bloy

XLIV. Maxence répond aux questionnaires de Proust et de Sternberg

 

 

MANIFESTE DU MAXENCÉISME

I. Ordinations

II. Constitution

III. Théorèmes

 

Jan 2019

Les Essais de Bernanos dans « Bouquins »

par admin

Parution des principaux essais, pamphlets et articles de Bernanos dans la collection « Bouquins »: un volume d’environ 1400 pages.

Publication sous la direction de Maxence Caron.

Édition établie, présentée et préfacée par Romain Debluë.

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Présentation de l’éditeur :

« On ne présente pas Bernanos, on l’a lu, on le lit. Soixante-dix ans après sa mort, il apparaît plus que jamais dans sa totale singularité. Bernanos n’est pas seulement un écrivain impressionnant, il est aussi un mélange étonnant d’individualité irréductible et d’engagement à la fois constant et inclassable : aucun parti politique, aucune idéologie, aucune droite ni aucune gauche n’ont pu récupérer à leur profit les essais et pamphlets de cet admirateur d’un autre « irrécupérable » : Léon Bloy.
Catholique flamboyant, Bernanos n’hésite pas, bien que royaliste de coeur, à soutenir les républicains pendant la guerre d’Espagne, ni, bien que nationaliste, à s’exiler au Brésil lorsque certains « nationaux » prennent le pouvoir en profitant de la victoire allemande de 1940. Il voit alors en Charles de Gaulle un « prédestiné » et se rallie à la cause résistante qu’il incarne.
Ce volume rassemble ses essais majeurs et un grand nombre de ses articles politiques, historiques ou littéraires, témoignages directs de l’histoire universelle vécue par l’écrivain. À côté de textes devenus des classiques, comme Les Grands Cimetières sous la lune ou Le Chemin de la Croix-des-Âmes, on trouvera ici des oeuvres fondamentales, comme Nous autres Français ou La France contre les robots, ainsi que des chefs-d’oeuvre rares mais indispensables à la compréhension de l’itinéraire de Bernanos : son Saint Dominique ou son magnifique essai sur Jeanne d’Arc, Jeanne relapse et sainte.
Lire ou relire Bernanos n’a jamais cessé d’être nécessaire et l’est peut-être plus encore aujourd’hui où ses maîtres mots et principes directeurs, « révolte de l’esprit » et « scandale de la vérité », sont les meilleures répliques au poids des conformismes et à l’inertie des consciences. »

Dec 2018

« Partis pris » : la somme des articles de Marc Fumaroli dans la collection « Bouquins », avec un essai-préface de Maxence Caron

par admin

Partis pris, ou quarante années d’articles publiés par Marc Fumaroli dans la presse, paraît dans la collection Bouquins, précédé d’un essai-préface de Maxence Caron sur La Pensée de Marc Fumaroli.

Loin des idées préconçues, l’on y apprendra que l’oeuvre de Fumaroli n’est pas celle d’un érudit parmi d’autres ou d’un simple historien littéraire sophistiqué, mais celle d’un authentique et considérable penseur.

De L’Age de l’éloquence au Sablier renversé, de L’Ecole du silence à La République de Lettres, en passant par L’Etat culturel et Paris-New York, Fumaroli, écrivain de haut style, a déployé une remarquable lecture de l’histoire en général et de la destinée de l’Europe en particulier, tout en méditant sur les fins dernières, sur le sens de la sagesse, sur la vie de l’homme et celle de l’artiste, sur les conditions de la parole et celles de l’émergence de l’oeuvre d’art. Toutes choses dont l’essai de Maxence Caron montre l’imperturbable cohérence et qu’illustre précisément la belle totalité de ces Partis pris. Fort de l’intemporalité dont il se nourrit, Marc Fumaroli, en irremplaçable auteur de « considérations inactuelles », intervient ici de manière décisive dans les questions politiques, esthétiques et littéraires de son temps.

 

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Dec 2018

4e Concerto pour piano de Beethoven par L. Bernstein et G. Gould

par admin

op. 58, Überleitung zum Finale

Manuscrit du 4e Concerto pour piano op. 58, transition vers le Finale