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Aug 2019

Saint Barthélemy, apôtre et martyr

par admin

St Barthélemy par Rembrandt (1661)

St Barthélemy par Rembrandt (1661)

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Barthélemy

Chers frères et soeurs,

Dans la série des Apôtres appelés par Jésus au cours de sa vie terrestre, c’est aujourd’hui l’Apôtre Barthélemy qui retient notre attention. Dans les antiques listes des Douze, il est toujours placé avant Matthieu, alors que le nom de celui qui le précède varie et peut être Philippe (cf. Mt 10, 3; Mc 3, 18; Lc 6, 14) ou bien Thomas (cf. Ac 1, 13). Son nom est clairement un patronyme, car il est formulé avec une référence explicite au nom de son père. En effet, il s’agit probablement d’un nom d’origine araméenne, bar Talmay, qui signifie précisément « fils de Talmay ».

Nous ne possédons pas d’informations importantes sur Barthélemy; en effet, son nom revient toujours et seulement au sein des listes des Douze susmentionnées et ne se trouve donc au centre d’aucun récit. Cependant, il est traditionnellement identifié avec Nathanaël:  un nom qui signifie « Dieu a donné ». Ce Nathanaël provenait de Cana (cf. Jn 21, 2) et il est donc possible qu’il ait été témoin du grand « signe » accompli par Jésus en ce lieu (cf. Jn 2, 1-11). L’identification des deux personnages est probablement motivée par le fait que ce Nathanaël, dans la scène de vocation rapportée par l’Evangile de Jean, est placé à côté de Philippe, c’est-à-dire à la place qu’occupe Barthélemy dans les listes des Apôtres rapportées par les autres Evangiles. Philippe avait dit à ce Nathanaël qu’il avait trouvé « Celui dont parle la loi de Moïse et les Prophètes […] c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth » (Jn 1, 45). Comme nous le savons, Nathanaël lui opposa un préjugé plutôt grave:  « De Nazareth! Peut-il sortir de là quelque chose de bon? » (Jn 1, 46a). Cette sorte de contestation est, à sa façon, importante pour nous. En effet, elle nous fait voir que, selon les attentes des juifs, le Messie ne pouvait  pas  provenir  d’un village aussi obscur, comme l’était précisément Nazareth (voir également Jn 7, 42). Cependant, dans le même temps, elle met en évidence la liberté de Dieu, qui surprend nos attentes en se faisant trouver précisément là où nous ne l’attendrions pas. D’autre part, nous savons qu’en réalité, Jésus n’était pas exclusivement « de  Nazareth », mais qu’il était né à Bethléem (cf. Mt 2, 1; Lc 2, 4), et qu’en définitive, il venait du ciel, du Père qui est aux cieux.

L’épisode de Nathanaël nous inspire une autre réflexion:  dans notre relation avec Jésus, nous ne devons pas seulement nous contenter de paroles. Philippe, dans sa réponse, adresse une invitation significative à Nathanaël:  « Viens et tu verras! » (Jn 1, 46b). Notre connaissance de Jésus a surtout besoin d’une expérience vivante:  le témoignage d’autrui est bien sûr important, car généralement, toute notre vie chrétienne commence par une annonce qui parvient jusqu’à nous à travers un ou plusieurs témoins. Mais nous devons ensuite personnellement participer à une relation intime et profonde avec Jésus; de manière analogue, les Samaritains, après avoir entendu le témoignage de leur concitoyenne que Jésus avait rencontrée près du puits de Jacob, voulurent parler directement avec Lui et, après cet entretien, dirent à la femme:  « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons maintenant; nous l’avons entendu par nous-mêmes, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde! » (Jn 4, 42).

En revenant à la scène de vocation, l’évangéliste nous rapporte que, lorsque Jésus voit Nathanaël s’approcher, il s’exclame:  « Voici un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir » (Jn 1, 47). Il s’agit d’un éloge qui rappelle le texte d’un Psaume:  « Heureux l’homme… dont l’esprit est sans fraude » (Ps 32, 2), mais qui suscite la curiosité de Nathanaël, qui réplique avec étonnement:  « Comment me connais-tu? » (Jn 1, 48a). La réponse de Jésus  n’est pas immédiatement compréhensible. Il dit:  « Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu » (Jn 1, 48b). Nous ne savons pas ce qu’il s’est passé sous ce figuier. Il est évident qu’il s’agit d’un moment décisif dans la vie de Nathanaël. Il se sent touché au plus profond du coeur par ces paroles de Jésus, il se sent compris et comprend:  cet homme sait tout sur moi, Il sait et connaît le chemin de la vie, je peux réellement m’abandonner à cet homme. Et ainsi, il répond par une confession de foi claire et belle, en disant:  « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu! C’est toi le roi d’Israël! » (Jn 1, 49). Dans cette confession apparaît un premier pas important dans l’itinéraire d’adhésion à Jésus. Les paroles de Nathanaël mettent en lumière un double aspect complémentaire de l’identité de Jésus:  Il est reconnu aussi bien dans sa relation spéciale avec Dieu le Père, dont  il  est le Fils unique, que dans celle avec le peuple d’Israël, dont il est déclaré le roi, une qualification propre au Messie attendu. Nous ne devons jamais perdre de vue ni l’une ni l’autre de ces deux composantes, car si nous ne proclamons que la dimension céleste de Jésus, nous risquons d’en faire un être éthéré et évanescent, et si au contraire nous ne reconnaissons que sa situation concrète dans l’histoire, nous finissons par négliger la dimension divine qui le qualifie précisément.

Nous ne possédons pas d’informations précises sur l’activité apostolique successive de Barthélemy-Nathanaël. Selon une information rapportée par l’historien Eusèbe au IV siècle, un certain Pantenus aurait trouvé jusqu’en Inde les signes d’une présence de Barthélemy (cf. Hist. eccl. V, 10, 3). Dans la  tradition postérieure, à partir du Moyen Age, s’imposa le récit de sa mort par écorchement, qui devint ensuite très populaire. Il suffit de penser à la très célèbre  scène du Jugement dernier dans la Chapelle Sixtine, dans laquelle Michel-Ange peignit saint Barthélemy qui tient sa propre peau dans la main gauche, sur laquelle l’artiste laissa son autoportrait. Ses reliques sont vénérées ici  à  Rome,  dans l’église qui lui est consacrée sur l’Ile Tibérine, où elles furent apportées par l’empereur allemand Otton III en l’an 983. En conclusion, nous pouvons dire que la figure de saint Barthélemy, malgré le manque d’information le concernant, demeure cependant face à nous pour nous dire que l’on peut également vivre l’adhésion à Jésus et en témoigner sans accomplir d’oeuvres sensationnelles. C’est Jésus qui est et reste extraordinaire, Lui à qui chacun de nous est appelé à consacrer sa propre vie et sa propre mort.

* * *

Je salue cordialement les pèlerins francophones présents ce matin. Puisse la figure de l’Apôtre Barthélemy vous inviter, dans le quotidien de vos vies, à témoigner du Christ, lui qui vous appelle à lui consacrer toute votre existence !

Mercredi 4 octobre 2006

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St Barthélemy par Rembrandt (1657)

St Barthélemy par Rembrandt (1657)

Vie de saint Barthélemy par Jacques de Voragine dans la Légende dorée (œuvre majeure qui ne désigne rien de « légendaire » ni ne relève du « merveilleux », mais, selon l’étymologie — legenda —, désigne ce qu’il faut lire)

 SAINT BARTHÉLEMY

Barthélemy signifie fils de celui qui suspend les eaux, ou fils de celui qui se suspend. Ce mot vient de Bar, qui veut dire fils, de thelos, sommité, et de moys, eau. De là Barthélemy, c’est-à-dire, le fils de celui qui suspend les eaux de Dieu ; donc, qui élève l’esprit des docteurs en haut, afin qu’ils versent en bas les eaux de la doctrine. C’est un nom Syrien et non pas Hébreu.

Il y a trois manières d’être suspendu, que notre saint posséda. En effet il fut suspendu, c’est-à-dire élevé au-dessus de l’amour du monde, porté à l’amour des choses du ciel, entièrement appuyé sur la grâce et le secours de Dieu, de sorte que toute sa vie dépendit non de ses mérites mais de l’aide de Dieu. Par la seconde étymologie est indiquée la profondeur de sa sagesse dont saint Denys dit ce qui suit dans sa Théologie mystique (I, 3): « Le divin Barthélemy avance que la Théologie est tout ensemble développée et briève, l’évangile ample, abondant et néanmoins concis. » Lire la suite…

Aug 2019

Dali : provocation auto-analytique sur l’argent

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Jul 2019

Le Bloc-Notes de Maxence Caron dans le « Service Littéraire »

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On peut lire le Bloc-Notes de Maxence Caron dans le numéro 130 du Service Littéraire (juillet-août 2019). M. C. y médite l’œuvre de Nietzsche, notamment le sens de ses poèmes, et donne la clef de cette pensée.

 

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Jun 2019

Le riche a-t-il une âme ?

par admin

« Si les riches distribuaient aux indigents tout ce qu’ils tiennent inutilement renfermés, cela ne suffirait pas encore pour leur faire éviter les peines qu’ils méritent pour la vanité de leur âme déguenillée. Car ils ne pensent qu’au luxe et à la mangeaille. »

St Jean Chrysostome

 

Saint Chrysostome

Jun 2019

« Service Littéraire » de juin : une ouverture mallarméenne, et le Bloc-Notes

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Dans le numéro 129 du Service Littéraire (juin 2019), on peut lire :
1) le Bloc-Notes de Maxence Caron, qui analyse d’une part la notion de « complotisme » et d’autre part les discours qui en usent ;
2) en couverture illustrée (et p. suiv.) une méditation de M.C. sur la Correspondance de Mallarmé.

 

service_litteraire_129(Cliquer pour agrandir)

 

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May 2019

« Fastes » : le prologue « Au lecteur »

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Un extrait des Fastes de Maxence Caron : feuilleter le prologue Au lecteur.

 

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May 2019

« Portrait du borborosophe », par Maxence Caron

par admin

Parution de Portrait du borborosophe, dans le Bloc-Notes de Maxence Caron (numéro 128 du Service Littéraire, mai 2019), où il est question d’un Marcel Onfray.

 

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May 2019

Le livre d’un grand poète : Michel Gravil

par admin

Paru aux Belles Lettres le 10 mai, le nouveau recueil d’un grand poète : Écrire l’eau le vent le ciel, de Michel Gravil.

Sur l’oeuvre de Michel Gravil on lira le chapitre XXII des Fastes de Maxence Caron.

 

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Écrire l’eau le vent le ciel de Michel Gravil explore les dimensions de l’écriture poétique dans un dialogue avec le dessin de François de Asis.

C’est Yves Bonnefoy qui, en 2009, prend l’initiative d’une rencontre entre le poète Michel Gravil et le peintre François de Asis. Celle-ci a lieu en avril 2010 dans l’atelier du peintre à Aix-en-Provence. Un premier livre suivra, en 2011, intitulé Le bassin, les ombres. Recevant le livre chez lui à Paris, Yves Bonnefoy écrira : « C’est un nouveau pas sur votre route en poésie, l’une des rares dont je me sente proche, en ce moment… ». Comment comprendre cette proximité ? Elle tient aux poèmes eux-mêmes, sans doute, mais aussi à ce culte du vers, à ce goût pour la poésie versifiée commun aux deux poètes. À propos des poèmes de L’eau vive, premiers poèmes de Michel Gravil, l’auteur du Mouvement et de l’immobilité de Douve écrivait déjà en 2003 : « Vous rendez vie à la prosodie régulière en lui offrant une liberté par le dedans qui est comme une métaphore de votre propre liberté de regard, de perception, très près des réalités d’un lieu. Ne craignez pas de rester sur cette voie, elle est vôtre, elle vous conduira à beaucoup d’inconnu… »

Michel GRAVIL

Michel Gravil est musicien, poète, philosophe. Né en 1965, il compose ses premiers poèmes entre 15 et 20 ans et suit des études de philosophie à Toulouse jusqu’en 1991. En 1994, il signe un contrat d’artiste pour trois albums de Nova Nova sur le label parisien F communications dirigé par Laurent Garnier : s’en suivent albums, concerts et collaborations jusqu’à la séparation du duo en 1999. Il s’installe près de Rennes et débute une correspondance avec Yves Bonnefoy en 2003. Il publie plusieurs ouvrages en tirage limité en collaboration avec des peintres et des graphistes : L’eau vive (2005), illustré par Stephan Eicher, Ce que le vent précède (2006), illustré par Sébastien Jarnot, Feuilles (2008), illustré par Maya Mémin et Chemins (2009), illustré par le suédois Jesper Waldersten. Il rencontre enfin François de Asis en 2010 par l’intermédiaire d’Yves Bonnefoy à Aix-en Provence. De cette rencontre suivent d’abord Le bassin, les ombres (2011), puis Labours dans la lumière (2013). Il obtient l’agrégation de philosophie en 2015 et le prix de poésie Lucienne Gracia-Vincent en 2018 pour Écrire l’eau le vent le ciel.

François DE ASIS

Né en 1935, François de Asis est un peintre qui vit et travaille à Aix-en Provence. Élève d’André Lhote et marqué par Cézanne, son œuvre est traversée par un motif géométrique simple et déjà repérable dans les premiers œuvres cubistes qu’il réalise à la fin des années 1950. Habile synthèse du cubisme et du pointillisme, sa technique consiste à submerger le regard par la démultiplication répétée de ce motif dans des figures qui semblent sur le point de s’évanouir ou de s’effacer. Refusant la traditionnelle hiérarchisation entre peinture et dessin, il assigne au contraire au dessin, en vertu même de son inachèvement, une fonction révélatrice d’un réel conçu comme lui-même inachevé. Un réalisme qui l’a conduit à ne jamais peindre qu’en extérieur et sur chevalet, en Provence bien-sûr, mais tout autant à Venise ou en Grèce, convaincu qu’on ne saurait accéder à l’inconnu qu’en s’immergeant vraiment dans le paysage. Il a publié aussi de nombreux ouvrages en collaboration avec Yves Bonnefoy et Philippe Jaccottet, notamment aux éditions Fata Morgana.