« Maxence Caron pianiste » : invitation à l’émission de Vincent Beurtheret et diffusion de plusieurs enregistrements

« Maxence Caron pianiste » : invitation à l’émission de Vincent Beurtheret et diffusion d’enregistrements de Liszt, Beethoven, Bach par Maxence Caron

Le poème de Baudelaire à Liszt, in Petits Poëmes en prose :

 Le Thyrse

A Franz Liszt

Qu’est-ce qu’un thyrse? Selon le sens moral et poétique, c’est un emblème sacerdotal dans la main des prêtres ou des prêtresses célébrant la divinité dont ils sont les interprètes et les serviteurs. Mais physiquement ce n’est qu’un bâton, un pur bâton, perche à houblon, tuteur de vigne, sec, dur et droit. Autour de ce bâton, dans des méandres capricieux, se jouent et folâtrent des tiges et des fleurs, celles-ci sinueuses et fuyardes, celles-là penchées comme des cloches ou des coupes renversées. Et une gloire étonnante jaillit de cette complexité de lignes et de couleurs, tendres ou éclatantes. Ne dirait-on pas que la ligne courbe et la spirale font leur cour à la ligne droite et dansent autour dans une muette adoration? Ne dirait-on pas que toutes ces corolles délicates, tous ces calices, explosions de senteurs et de couleurs, exécutent un mystique fandango autour du bâton hiératique? Et quel est, cependant, le mortel imprudent qui osera décider si les fleurs et les pampres ont été faits pour le bâton, ou si le bâton n’est que le prétexte pour montrer la beauté des pampres et des fleurs? Le thyrse est la représentation de votre étonnante dualité, maître puissant et vénéré, cher Bacchant de la Beauté mystérieuse et passionnée. Continuer à lire « « Maxence Caron pianiste » : invitation à l’émission de Vincent Beurtheret et diffusion de plusieurs enregistrements »

Furtwängler et les baroqueux

J.S. Bach. En 1937, la révolution baroque était déjà en marche. Furtwängler nota cette année-là :

« Il y a quelque temps, j’assistais à une exécution de la Passion St Matthieu et, à part quelques soli bien chantés, ce chef d’œuvre, le plus sublime de toute la musique, me laissa ce jour-là l’impression d’une sécheresse et d’un ennui insurpassables ; mais à mon plus grand étonnement, la presse m’informa le lendemain qu’enfin nous avions entendu une exécution exemplaire de la Passion de Bach : que l’emploi d’instruments anciens et d’un chœur peu nombreux était conforme à ce que les dernières recherches de la musicologie nous avaient appris sur la façon dont Bach lui-même faisait chanter et jouer son œuvre ; que la chorale réduite, surtout, avait enfin, pour la première fois, permis de rendre son plein relief à la polyphonie de Bach. Comme si la polyphonie était une question d’effectifs et non une question d’interprétation ! (En réalité, à ce concert, tout ce qui était polyphonie avait été complètement escamoté – mais le critique ne s’en était pas aperçu.) Comme si – selon les salles – on ne pouvait aussi bien interpréter la musique polyphonique avec un chœur de 500 qu’avec un groupe de 50 ! Comme si on ne pouvait suivre plusieurs voix aussi clairement avec un orchestre qu’avec un quatuor !
Sans doute, quant au chant, cette exécution n’avait manqué ni de précision ni de justesse. Seulement on n’y avait pas entendu une seule mélodie vraiment dessinée et phrasée, pas une seule phrase vraiment expressive, pas une seule polyphonie faite de lignes vivantes. La musique de Bach était restée hors du jeu. Mais pour notre critique historiquement si bien informé, cette absence de Bach était apparemment tout à fait “conforme aux derniers résultats des recherches musicologiques”».

Texte à consulter sur le site de la Société Wilhelm Furtwängler

Le début de la Passion selon saint Matthieu dirigée par Furtwängler :

Maxence Caron invité de la Matinale de France Musique

 

Maxence Caron interviewé par Rodolphe Bruneau-Boulmier, le 19 juillet 2012

(Extraits musicaux choisis selon la deuxième partie de L’Insolent : Bach, Beethoven, Liszt, puis, hors catégorie, la IIIè Symphonie de Mahler).

 

Maxence Caron au piano donne une nouvelle interprétation du 1er Contrepoint de « L’Art de la Fugue »

Contrairement à la précédente interprétation, très contemplative, cette version de près d’1mn30 de moins, plus baroque mais tout aussi affirmée, donne à cette œuvre, sous les doigts de Maxence Caron, une autre dynamique dans un même esprit.