Maxence Caron joue la 31è Sonate (op. 110) de Beethoven

Beethoven_1820

Maxence Caron joue la pénultième Sonate de Beethoven :

Cet enregistrement est dédié à Renaud Escande, o. p.

Structure de l’œuvre :

– Moderato cantabile molto espressivo

– Allegro molto (6’44)

– Adagio ma non troppo (9’10)

– Fuga (13’41)

– Perdendo le forze, dolente (16’19)

– L’inversione della Fuga (19’01)

NB : on peut écouter également l’interprétation par Maxence Caron de la 30è Sonate op. 109 et de la 32è Sonate op. 111.

« Une Visite à Beethoven » : nouvelle écrite par le jeune Wagner en 1840

Wagner jeune

Richard Wagner

 

 

UNE VISITE À BEETHOVEN

 

Épisode de la vie d’un musicien allemand

 (traduction Henri Silège)

« Pauvreté, dure indigence, compagne habituelle de l’artiste allemand, c’est à toi qu’en écrivant ici ces pieux souvenirs, je dois adresser mon invocation première. Je veux te célébrer, toi, ma patronne fidèle, qui m’as suivi constamment en tous lieux ; toi qui, de ton bras d’airain, m’as préservé des vicissitudes d’une fortune décevante, et qui m’as si bien abrité contre les rayons enivrants de son soleil, grâce au nuage épais et sombre dont tu as toujours voilé à mes regards les folles vanités de ce monde. Oui, je te remercie de ta sollicitude maternelle ; mais ne pourrais-tu pas désormais la pratiquer en faveur d’un nouveau protégé ? car la curiosité m’aiguillonne, et je voudrais, ne fût-ce que pour un jour, essayer de l’existence sans ta participation. Pardonne, austère déesse, à cette velléité d’ambition ! Mais tu connais le fond de mon cœur, et tu sais quelle dévotion sincère j’aurai toujours pour ton culte, alors même que je cesserais d’être l’objet favori de ta prédilection. Amen ! »

L’adoption de cette prière quotidienne doit vous dire assez que je suis musicien, et que l’Allemagne est ma patrie. Une ville de moyenne importance me donna le jour. Je ne sais quelles étaient les vues de mes parents sur ma condition à venir ; mais ce que je me rappelle, c’est qu’un soir, ayant entendu une symphonie de Beethoven, j’eus dans la nuit un accès de fièvre, je tombai malade, et qu’après mon rétablissement je devins musicien. Cette circonstance peut expliquer la préférence que je donnai constamment dans la suite aux œuvres de Beethoven, quelque belle musique que j’aie maintes fois entendue. C’était pour moi une affection, une idolâtrie à part. Ma plus vive jouissance fut de me plonger dans l’étude intime, approfondie de ce puissant génie, jusqu’à ce que je crus m’être identifié pour ainsi dire avec lui, jusqu’à ce que mon esprit nourri d’inspirations de plus en plus sublimes me parût être devenu une parcelle de ce rare et merveilleux esprit, jusqu’à ce qu’enfin j’arrivai à cet état d’exaltation que bien des gens traitent de démence.

Folie bien tolérable pourtant, et bien inoffensive. Cela ne me procurait qu’un pain fort sec et une boisson fort crue ; car on ne s’enrichit pas en Allemagne à courir le cachet. Après avoir vécu de la sorte assez longtemps dans ma mansarde, je vins un jour à penser que le grand artiste, objet de ma profonde vénération, vivait encore, et j’eus peine à m’expliquer comment cette idée ne m’était pas venue plus tôt. Le fait est que jamais jusque-là je ne m’étais représenté Beethoven sous une forme humaine pareille à la nôtre Continuer à lire « « Une Visite à Beethoven » : nouvelle écrite par le jeune Wagner en 1840″

« Vocation et provocation de Maxence Caron » : émission radiodiffusée le 22 novembre 2012

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« Vocation et provocation de Maxence Caron » :

Les deux œuvres interprétées par MC au piano dans cette émission sont le Choral « Ich ruf zu Dir » de Bach et l’Allegro de la 17è Sonate de Beethoven (« La Tempête »)

« Maxence Caron pianiste » : invitation à l’émission de Vincent Beurtheret et diffusion de plusieurs enregistrements

« Maxence Caron pianiste » : invitation à l’émission de Vincent Beurtheret et diffusion d’enregistrements de Liszt, Beethoven, Bach par Maxence Caron

Le poème de Baudelaire à Liszt, in Petits Poëmes en prose :

 Le Thyrse

A Franz Liszt

Qu’est-ce qu’un thyrse? Selon le sens moral et poétique, c’est un emblème sacerdotal dans la main des prêtres ou des prêtresses célébrant la divinité dont ils sont les interprètes et les serviteurs. Mais physiquement ce n’est qu’un bâton, un pur bâton, perche à houblon, tuteur de vigne, sec, dur et droit. Autour de ce bâton, dans des méandres capricieux, se jouent et folâtrent des tiges et des fleurs, celles-ci sinueuses et fuyardes, celles-là penchées comme des cloches ou des coupes renversées. Et une gloire étonnante jaillit de cette complexité de lignes et de couleurs, tendres ou éclatantes. Ne dirait-on pas que la ligne courbe et la spirale font leur cour à la ligne droite et dansent autour dans une muette adoration? Ne dirait-on pas que toutes ces corolles délicates, tous ces calices, explosions de senteurs et de couleurs, exécutent un mystique fandango autour du bâton hiératique? Et quel est, cependant, le mortel imprudent qui osera décider si les fleurs et les pampres ont été faits pour le bâton, ou si le bâton n’est que le prétexte pour montrer la beauté des pampres et des fleurs? Le thyrse est la représentation de votre étonnante dualité, maître puissant et vénéré, cher Bacchant de la Beauté mystérieuse et passionnée. Continuer à lire « « Maxence Caron pianiste » : invitation à l’émission de Vincent Beurtheret et diffusion de plusieurs enregistrements »