Portrait de Bruckner par W. Ritter en 1907

« UN GRAND SYMPHONISTE CATHOLIQUE : ANTON BRUCKNER »

Anton Bruckner dans sa jeunesse

Il eut la foi de César Frank, le grand symphoniste catholique français. Et c’est avoir du coup pas mal de choses communes avec lui, mais au plus profond de l’âme. Et seulement là. Il est mort vierge ; il vécut dans la médiocrité comme un saint et fut accablé de misères ; il fut la vivante cible de tout ce que la clique viennoise amenée à Brahms par Hanslick comptait de farceurs et de vilains personnages ; il fut le bouc émissaire du wagnérisme, en ce sens que d’une part Wagner, à qui il avait dédié sa IIIe symphonie et qui l’appelait à son tour « le symphoniste de l’avenir», ne daigna jamais s’occuper de lui et ne permit jamais aux wagnériens la moindre distraction à son propre culte ; et que d’autre, part, les adversaires de Wagner sentant impossible à blesser l’homme qui disposait d’un roi et… aussi d’un royaume qui était bel et bien de ce monde, se vengèrent sur l’innocent vieillard de génie, beaucoup trop impressionnable et naïf, et le prirent pour souffre-douleur. Tout ce que l’on n’osait dire, ni pouvait faire au dieu de Bayreuth, on l’osait dire et faire à Bruckner. Continue la lecture