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Oct 2020

Bossuet : Parution des « Oeuvres historiques, philosophiques et politiques »

par admin

PARUTION DU PLUS GRAND ENSEMBLE D’OEUVRES DE BOSSUET DEPUIS 150 ANS, DONT LA PLUPART ÉTAIENT INTROUVABLES
 

OEUVRES HISTORIQUES, PHILOSOPHIQUES ET POLITIQUES

Précédées de l’Histoire de Bossuet, par le Cardinal de Bausset

Texte établi par Maxence Caron

Préface de Renaud Silly o.p.

Les Belles Lettres — Coffret de 2 volumes — LXII + 3868 pages

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« Dans l’ordre des écrivains, je ne vois personne au-dessus de Bossuet. »
Paul Valéry

 

« C’est un Homère biblique. Le jour où par bonheur je rencontrai Bossuet, il me sembla que le voile du Temple se déchirait du haut en bas et que je voyais les dieux marcher. Bossuet est la plus grande parole de l’univers chrétien et le meilleur conseiller des princes. »
Napoléon

 

« C’est plus beau que tous les écrivains de ce grand siècle qui en a produit de si grands. »
George Sand

 

« Quelle merveille que cette vie et que cette œuvre ! Pas un discours et pas un livre de Bossuet qui n’ait été d’utilité publique. Personne ne fut plus exempt de tout amour-propre d’auteur que cet écrivain si grand entre les plus grands. »
Jules Lemaître

 

« Bossuet est le grand maître de la prose française. Si un seul livre de toute notre littérature devait subsister pour témoigner devant le monde de ce que furent la langue et l’esprit français, ce serait l’Histoire des variations que je choisirais. »
Paul Claudel

 

 

TABLE DES MATIÈRES
 

TOME I
Sainteté de Bossuet, préface de Renaud Silly o.p.
Avant-propos de Maxence Caron
Histoire de Bossuet, par le Cardinal de Bausset
Défense de la tradition et des saints pères
Histoire des variations des églises protestantes

 

TOME II
Avertissements à Jurieu
Défense de l’Histoire des variations
Explication de la Messe à un nouveau catholique
Instructions pastorales
De l’instruction de Monseigneur le Dauphin
Politique tirée de l’Écriture sainte
Discours sur l’histoire universelle
Relation sur le quiétisme
Avertissement aux protestants sur leur prétendu accomplissement des prophéties
Abrégé de l’Apocalypse
Traduction et commentaire du livre de l’Apocalypse
Explication de la prophétie d’Isaïe

 

Présentation

Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) est un si puissant génie que le siècle de Louis XIV le considéra comme l’ultime père de l’Église. Universaliste au vrai sens, et plaçant la recherche de la Vérité au-dessus de tout, sa pensée est exactement le contraire de tout ce que, de nos jours, l’homme moyen considère comme évident. Détenteur d’arguments irréfutables qui, en un verbe d’une force jamais vue et un cinglant humour, mettent à bas, sans effort et avec plusieurs siècles d’avance, les obsolètes et maigrelettes bases de notre « nouveau » monde, l’œuvre de Bossuet est un cauchemar pour l’idéologie et le bien-pensant. Elle brandit la beauté comme un enfer pour le moderne. De nombreux chefs-d’œuvre étaient donc introuvables – depuis plus d’un siècle.
Toutes précédées d’introductions historiques et critiques, ces Œuvres historiques, philosophiques et politiques sont préfacées par le frère dominicain Renaud Silly, docteur en théologie, collaborateur de l’École biblique et archéologique de Jérusalem. Aucune grande biographie contemporaine n’ayant été consacrée à Bossuet, nous avons inclus ici la vaste et magistrale Histoire de Bossuet écrite par le Cardinal de Bausset : abondamment documenté, ce grand livre, qui était devenu rare, demeure un modèle de recherche, de précision et d’élégance.

Oct 2020

Bloc-Notes de Maxence Caron : « Le twittosophe est aux cabinets »

par admin

Service Littéraire, numéro 141

Bloc-Notes de Maxence Caron (octobre 2020) dans le Service Littéraire :
Le twittosophe est aux cabinets 

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Le twittosophe est aux cabinets

 

Un écrivain n’agit point à déplorer des calamités pour se donner quelque occasion de médire, mais à regarder quelque fait dont le seul récit laisse assez voir l’abomination – puis le symptôme, et le sens. Il y a là tout Balzac, Shakespeare et Saint-Simon.

*

Oyez, oyez ! le twittosophe est aux cabinets (cf. R. Enthoven, Le temps gagné). Ne voir dans l’hémorragie psycho-affective d’Enthoven junior que la décompensation d’un refoulé quadridécennal qui fait papa dans sa culotte, serait médire par omission, car profondément réducteur. On oublierait de signaler certes le raffinement qui conduit l’élégance naturelle d’un si grand homme à décrire, tout pétri d’une empirique suavité, ses moments éblouis de villégiature aux latrines. Parmi tout ce qui sort de lui, il n’y a pas que ses phrases coites et sans style qui fascinent Enthoven fils. Entre les grégaires témoignages stercoraux de sa stagnation au stade sadique-anal, dont il ne sortira pas, et les cris que pousse son inexpugnable aigreur envers le phallus, auquel il n’atteindra jamais, la basse comptine ombilicale publiée par le journaliste nous rappelle ceci d’endémique et général : que celui qui se fait aujourd’hui appeler « philosophe » est toujours le spécimen d’une gent d’hommes lâche et bestiale, qui savent à peine distinguer par raison s’ils sont des bêtes ou des hommes. C’est toujours l’effet de l’erreur de se contredire soi-même : malgré les violentes sinusoïdes de son sadisme souriant, l’hystérie implore amour et reconnaissance. Aussi, de toute sa chie-en-lit l’auteur affectera de s’avouer prévenu lui-même, car il entend qu’on le lise avec de favorables préventions : il se sait un si bon gré de n’être que soi… Est-il grand celui qui suscite un instant l’alacrité des sots ! Si les hommes n’avaient l’esprit contrefait, ils n’iraient pas à tel qui aime qu’on l’aime et qui partout se montre, poursuivant pour qu’on le suive.

*

Il fût vain d’attendre que nous citassions ce qu’en un siècle où tous les monstres croient avoir droit de se produire, ce malheureux ne s’est pas senti ridicule de répéter cent fois. Mes premières lignes ici ont dit le but : l’art poétique propre à l’observation pensante sait prononcer un propos impérissable sur des objets (sur des livres) qui ne le sont pas. L’art éthique et poétique de toute intervention littéraire est illimité. Et cette loi de la littérature se trouve dans la Bible : « Dieu dit : Fils d’homme, je fais de toi un veilleur pour Israël. Lorsque tu sauras ma parole, tu les avertiras. Si à celui qui choit tu ne dis pas que je le ferai mourir, si tu n’avertis pas cet homme mauvais ni ne lui dis d’abandonner sa conduite, lui, qui est mauvais, mourra de sa faute, et à toi je demanderai compte de son sang. » (Ezéchiel 33, 7)

*

La France est un pays si rongé de passions sordides et d’ambitions infertiles qu’il est le seul où soit naturellement impossible que « la Presse » exerce le moindre contre-pouvoir. Les hommes politiques sont un bétail répugnant et lascif, mais les journalistes ne sont que des hommes politiques de race inférieure.

*

L’athéisme n’est autre que le rêve que fait l’immoralité. L’être est, et c’est le plus petit dénominateur pensable, l’universelle précédence, ce dont dépend toute possible pensée, et la pensée même qui voudrait nier que l’être fût. Mais l’invincible regard de l’Universel est insupportable à la lâcheté des débauches : avec la même ténacité qu’elles mettent à l’entretien de leur périmètre de crampe hédoniste elles chassent l’œil de Dieu et voudraient s’en cacher. Mais l’être est et son regard perce la tombe où le petit-bourgeois planétaire règne et ribote. L’inexistence de Dieu n’existait pas, il lui a donc fallu l’inventer. L’athéisme est le rêve que fait l’immoralité. Elle est prête à tout pour lui car elle est prête à tout pour soi.

Maxence Caron

Sep 2020

Bloc-notes de Maxence Caron : « La vie d’Adèle van Ordinaire »

par admin

Service Littéraire, numéro 140

Bloc-Notes de Maxence Caron (septembre 2020) dans le Service Littéraire :
La vie d’Adèle van Ordinaire 

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La vie d’Adèle van Ordinaire

 

De quel art la religion du narcissisme primaire est-il capable ? Rien. Et si l’histoire littéraire retient quelque chose des femmes, à qui furent dès toujours confiées la connaissance et la transmission des arts, ce sera, donc, qu’après avoir été honteusement stériles elles devinrent tristement fécondes. Cette assemblée de blattes précambriennes est en effet extrêmement plus morte qu’un sénat de fossiles, et s’essaie à cet absolu tellement sien : le style quotidien, pour âmes quotidiennes. Rien de tel qu’un livre femelle pour que, face à la systématique absence de toute grandeur et devant « ce style coulant cher au bourgeois » (Baudelaire), les mots désolés de Laforgue nous reviennent : « Ah ! que la vie est quotidienne… » De ce phénomène Gallimard publie un spécimen mais qui, encore plus infundibuliforme que ses habituels fourbis, revendique cette fois-ci, lustre et illustre sa nullité. La lavure s’intitule La vie ordinaire, d’une certaine Adèle van Reeth. Plusieurs titres étaient possibles : « La vie d’Adèle » par Ordinaire van Reeth ? « La vie de van Reeth » par Adèle Ordinaire ? On ne savait pas bien. Il fallait la décision d’un vrai chef. Les commerciaux de la rue de l’Annuaire par conséquent tranchèrent, et pour la grande cause : celle du public, qui jamais s’élever ne doit, mais toujours gésir parmi soi, auto-divinisé et dépressif. Il fallait que le titre dît au lecteur que le livre était comme lui : stupide, vitulaire, mort et satisfait. Il fallait que l’intitulé montrât la communion préétablie entre la nullité de l’auteur et celle de la badaudaille. « Venez, imbéciles, je suis comme vous ! » criait Adèle dans l’œuvre de sa vie. Ainsi, pour cette œuvre qui n’était ni belle ni originale ni singulière, et qui participait du combat planétaire de lamineux aplatissage de l’intelligence et de lumineuse extermination du langage, le titre, miroir de ses entrailles, était trouvé : La vie ordinaire. Un livre résolument écrit à la première personne ! mais laquelle ? De toutes les destinées la plus implacable est celle d’interchangeable.

Baquetant ainsi dans les inestimables trivialités de son « ressenti », Adèle van Ordinaire parle de la vie et déduit l’ordinaire de ses avis : un « livre » est né. Bien plus qu’un livre : un paradigme. Oui ! Tandis que Balzac s’épuisait à décrire les manifestations du néant, l’éditeur fait beaucoup mieux : d’un même geste il découvre au néant un archétype et lui donne un corps éditorial. Il ne s’agit donc plus de fabriquer un objet impérissable, qui n’existe pas encore, et à partir de ce qui semble inaccessible ou impossible – définition même de l’œuvre d’art –, mais de faire du néant à partir du nul, du vide avec de l’inconsistant. Voilà l’éblouissante botte de l’éditeur arriéré qui, tel un eunuque érectile, court à l’abîme tout convaincu d’être révolutionnaire. Dès lors paraît, coprolithe chu d’un désastre très clair, la triviale vie d’Adèle van Ordinaire. Se lave-t-on jamais d’avoir mis sa main dans celle de la bêtise ? La question n’est pas apparue à l’auteuresse. Mme van Ordinaire fait preuve d’une exhaustive pénurie de pensée, et dans son indigence l’ambitieuse illettrée invite à sa suite tous les troupeaux du monde à paître dans le vide pour n’avoir plus jamais faim. Si vous fréquentez les trottoirs demi-culturels habituez-vous à l’y croiser : il y a aujourd’hui identité de boniments pour vanter la panacée et le bas-bleu plissé. Héritière aspirituelle d’une longue lignée de suffragettes subventionnées et d’écrivassières de sang rassis, vous n’avez pas fini de l’entendre partout ne rien dire à tue-tête. « Le peuple est bête, pue et crache partout » (J. Renard) et il fait aussi des livres. Pour la majorité, mondaine, parvenir à un certain mode d’existence, suppose que l’on écrive des « livres » ; pour quelques-uns seuls, parvenir à écrire un livre suppose que l’on s’astreigne à un certain mode d’existence. Afin de venir au monde toute grande œuvre d’art requiert la force d’un moine. Or, il y a dans la modernasserie une sorte de contrat délusoire entre l’homme et le sort, où en vertu de telle confabulation, l’on se fait accroire qu’en enfonçant continûment dans le sort il se peut probablement qu’on en sorte. Se forme là l’obstination du vulgaire, qui écrit pour « se raconter » tout en rêvant qu’il en viendra autre chose que du vulgaire. Et c’est là toute l’avide et toute la vide et toute la vie d’Adèle van Ordinaire.

Maxence Caron

 

Aug 2020

Lire le Livre, et commencer à commencer

par admin

Lectures de la Messe du dimanche 2 août 2020

 

1e lecture : Livre d’Isaïe 55, 1-3.

Ainsi parle le Seigneur : Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et manger, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer.

Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses, vous vous régalerez de viandes savoureuses !

Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle : ce sont les bienfaits garantis à David.

 

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(Isaïe par Michel-Ange)

 

Psaume 144, 8-9.15-16.17-18.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Les yeux sur toi, tous, ils espèrent :
tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;
tu ouvres ta main :
tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

 

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(Saint Paul par le Greco)

 

2e lecture : Lettre de saint Paul aux Romains  8,35.37-39.

Alors : qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? La détresse ? L’angoisse ? La persécution ? La faim ? Le dénuement ? Le danger ? Le glaive ?

Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés.

J’en ai la certitude : ni la mort, ni aucun événement de la vie, ni les anges, ni les Principautés célestes, ni le présent, ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.

 

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(Saint Matthieu par le Caravage)

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,13-21.

En ce temps-là, quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.
Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »
Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »
Jésus dit : « Apportez-les-moi. »
Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule.
Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins.
Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

Méditation du jour

Saint Athanase (295-373), évêque d’Alexandrie, docteur de l’Église

24ème lettre festale pour Pâques

« Un endroit désert, à l’écart »

Chacun des saints a dû fuir « la voie large et spacieuse » (Mt 7,13), pour demeurer seul, à part, et là, vivre dans la vertu : Élie, Élisée (…), Jacob (…). Le désert et l’abandon des tumultes de la vie procurent à l’homme l’amitié de Dieu ; ainsi Abraham, quand il est sorti du pays des Chaldéens, a été appelé « ami de Dieu » (Jc 2,23). Le grand Moïse aussi, lors de son départ du pays d’Égypte (…) a parlé avec Dieu face à face, a été sauvé des mains de ses ennemis et a traversé le désert. Tous ceux-là sont l’image de la sortie des ténèbres vers la lumière admirable, et de la montée vers la ville qui est au ciel (He 11,16), la préfiguration du vrai bonheur et de la fête éternelle.

Quant à nous, nous avons auprès de nous la réalité que des ombres et des symboles annonçaient, je veux dire l’image du Père, notre Seigneur Jésus Christ (Col 2,17; 1,15). Si nous le recevons comme nourriture en tout temps, et si nous marquons de son sang les portes de nos âmes, nous serons libérés des travaux de Pharaon et de ses inspecteurs (Ex 12,7; 5,6s). (…) Maintenant nous avons trouvé le chemin pour passer de la terre au ciel (…). Autrefois, par l’intermédiaire de Moïse, le Seigneur précédait les fils d’Israël dans une colonne de feu et de nuée ; maintenant, il nous appelle lui-même en disant : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive ; de celui qui croit en moi, sortiront des fleuves d’eau vive jaillissant jusqu’à la vie éternelle » (Jn 7,37s).

Que chacun se prépare donc avec un ardent désir à se rendre à cette fête ; qu’il écoute le Sauveur l’appeler, car c’est lui qui nous console tous et chacun en particulier. Que celui qui a faim vienne à lui : il est le vrai pain (Jn 6,32). Que celui qui a soif vienne à lui : il est la source d’eau vive (Jn 4,10). Que le malade vienne à lui : il est le Verbe, la Parole de Dieu, qui guérit les malades. Si quelqu’un est accablé par les fardeaux du péché et s’en repent, qu’il se réfugie à ses pieds : il est le repos et le port du salut. Que le pécheur ait confiance, car il a dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11,28).

Jun 2020

Le Bloc-notes de Maxence Caron, dans le « Service Littéraire »

par admin

Service Littéraire, numéro 139

Bloc-Notes de Maxence Caron (juillet-août 2020) dans le Service Littéraire :
À la guerre, moi, j’ai mes gestes-barrières ! 

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Jun 2020

Entretien télévisé avec Tristan Tzara un an avant sa mort

par admin

Jun 2020

Le Bloc-notes de Maxence Caron : « Psychopathologie de l’athéisme »

par admin

Service Littéraire, numéro 138

Bloc-Notes de Maxence Caron (juin 2020) dans le Service Littéraire :
Psychopathologie de l’athéisme 

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Psychopathologie de l’athéisme

Qu’avec le charisme d’un bigorneau sans iode le premier d’entre les godichons puisse prononcer le Nom Sacré, que le premier venu puisse penser Dieu, voilà qui manifeste entre le contenant minuscule (l’homme) et le contenu infini (Dieu) une différence considérable. Et de cette immense distance entre les deux, le barycentre fondateur ne saurait se trouver du côté de l’homme : c’est de rigoureuse géométrie. Mais les lois du mos geometricus ne suffisent point au sens commun, qui a pour précis défaut d’être commun. Et c’est dans le relâchement, l’incertitude et l’approximation que se forge le dogmatisme du boniment athée. Essentiellement affectif, l’athéisme est le cadre permettant à un délabrement moral de justifier sa zone de confort et de poser, dans le grand vide présupposé, telle norme subjective comme légitimeL’athéisme naît d’une déception : celle de ne pouvoir changer l’Absolu (l’Absolu n’est soumis à rien, c’est pourquoi il s’appelle l’Absolu). L’athée ne pouvant faire Dieu à son image, il prend dès lors le parti d’affirmer, quand même, que Dieu est à l’image de l’homme, ce qui lui permet de proférer une dévalorisation générale du divin afin d’instaurer la relativité universelle et de répandre le système des idoles. Ces idoles sont chacune la métaphore d’une passion : par ce moyen l’athéisme établit le communautarisme des désirs individuels. Au milieu du torrent des passions idolâtres qui font autant de comités de défense de chaque pulsion, l’athée trouve une place pour celle qui le possède et qu’il préfère à la Vérité. « Il n’y a pas d’athées, il n’y a que des idolâtres, car l’athée reporte sur n’importe quoi d’autre que Dieu son indestructible notion de Dieu. » (Origène)

*

Aussi est-ce à ton insu que tu sais. Lorsqu’un homme dit en effet quelque chose, lorsqu’il parle quotidiennement, il ne peut s’empêcher de dire Dieu – et simultanément en doute, s’en doute et ne s’en doute pas. Tu dis de la sorte telle chose (anodine ou sublime) mais, que ce soit pour dire l’heure, ton avis ou tes soupçons, ta parole juge d’une situation, elle pose une vérité, elle affirme quand même ce fût pour nier sa propre valeur. La parole est affirmation, et à l’origine adfirmatio signifie garantie. Quand tu affirmes effectivement telle proposition, tu affirmes, par le fait même, tout ce qui garantit l’absolu de ton affirmation. Or il n’y a qu’une réalité dont la concrète antécédence garantit la possibilité de l’absolu qu’implique ta parole et son adfirmatio, c’est la réalité de la présence de Dieu. Sans elle tu n’aurais pas même les mots pour mettre en cause son existence. Dieu se montre ainsi à la racine du langage et son existence se prend du sens même de toute affirmation vivante. Apprenons-le aux psychanalystes : il y a un inconscient mais par le dessus : Dieu. Il est l’Un conscient dont dépendent les discours du vieux monde moderne sur l’inconscient : quand la psychanalyse brandit la culasse comme origine du monde, son discours n’est possible que dans le cadre de l’Absolu dont la précédence non-consciente constitue toute parole. La réalité de Dieu excède et fonde la mienne jusqu’au cœur de l’acte d’énonciation. Dieu est pleine présence en la possibilité de chacune de nos phrases, quand même celles-ci se voulussent athées. C’est ainsi, malgré qu’en ait la mesquinerie nombreuse des gougnafiers particulaires.

*

Tels sont athées parce qu’ils ne voient pas Dieu. Ils ne comprennent pas que, ne revêtant pas la structure des objets qudépendent de lui, Dieu n’est pas plus invisible que visible : il est la lumière incréée sans qui n’est nul regard. Nombreux sont ceux qui regardent Dieu comme ils aiment une vache, pour sa viandeson lait, et dans les bornes de leurs tripes. Finissent athées ceux qui ont aimé Dieu sous condition et pour la réussite de leur vie minuscule. Si Dieu ne s’inscrit pas dans le cercle nanisé de leurs désirs, ces gens inexistants disent que Dieu nexiste pas. Ils cherchaient une vache.

M. C.

May 2020

Ecologie : crépuscule d’une idole

par admin

George Carlin
« Save the Planet », in You Are All Diseased

« Dans ma vie il y a des règles que je m’impose de suivre. La première d’entre elles : je ne crois rien de ce que me dit le gouvernement. »
George Carlin
Rockets And Penises In The Persian Gulf,
album Jammin’ in New York, 10 novembre 1992, Atlantic/WEA.