Bossuet : parution de l’intégrale des Sermons

Les Sermons, suivis des Oraisons funèbres et des Panégyriques, édition complète établie par Maxence Caron, préface de Renaud Silly o.p., Les Belles Lettres, 2026, livre relié, 18 x 25 cm, XLIV + 2450 pages.

L’Ouvrage est sorti des presses, il est aussi impressionnant qu’une bible !

Il sera en librairie le 20 février 2026

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« Ouvrage fondateur de notre langue, monument de la littérature universelle, les Sermons de Bossuet n’ont fait l’objet d’aucune édition depuis un siècle. En voici l’intégralité. La gloire de ces Sermons tient un éclat auquel nulle autre œuvre ne saurait atteindre. En une relation analogue à celle de Cicéron avec le latin, l’œuvre oratoire de Bossuet constitue ce cœur historique où le génie d’un homme donne ses fondations définitives à l’excellence d’une langue. Ses tournures, ses inventions, son réexamen des usages, son souffle n’ont ainsi cessé d’inspirer les hommes – tandis que Littré illustre constamment de cette voix son Grand Dictionnaire. Puisant au fond des âges pour nourrir l’élévation du siècle, « l’Aigle de Meaux » conjoint le latin, le grec et l’hébreu au sein d’un verbe dont les éblouissantes substructions, par sa parole, sont devenues l’architecture de la nôtre. « Bossuet imite les prophètes, car prophète lui-même, dit Lamartine, il donne à sa langue la hauteur, l’autorité, l’antiquité et la divinité de l’Ancien Testament » : l’accent de l’hébreu et la force de ses images passent avec lui dans le français « qui se moule, colossal, sur le génie incorrect et démesuré de ce Michel-Ange de notre langue ». 

Les Sermons sont l’œuvre d’une vie : Bossuet n’avait que 20 ans quand, bouleversant ses professeurs, il prêcha pour la première fois ; et il prêcha jusqu’à son dernier souffle. Il prononça ses sermons devant la cour aussi bien que devant ses humbles paroissiens. Placé aux plus hautes fonctions par le génie et non par l’intrigue, l’humilité et la force tissent sa personnalité : Mme de La Fayette le décrit ainsi « l’homme le plus doux et le plus franc qui ait jamais été mis à la cour », et l’admiration de La Bruyère lui donne la réputation d’un Père de l’Église. 

Ces sermons suivent le temps liturgique ; il en est donc un pour chaque jour, pour chaque épreuve, pour chaque circonstance. Ils accompagnent l’existence. Ils prennent parfois la forme de « panégyriques » lorsqu’ils font le portrait d’une haute figure de sainteté. Et, à dix célèbres reprises, les sermons devinrent telle oraison funèbre dont les événements commandèrent le devoir. Que ce soit pour vivre, aimer ou souffrir, pour admirer ou mourir, la parole parfaite de Bossuet souffle. Car il est « le plus grand maître de la prose française : son langage contient tous les canons de notre parler. C’est une force, une clarté, une majesté qui baignent l’âme de lumière et la transportent de joie. » (Claudel) Portant en lui cet humanisme qu’il invente et pour qui l’universel entend aller d’Athènes à Jérusalem afin de renaître romain en France, Bossuet érige pendant le Grand Siècle une totalité inouïe au sein de laquelle notre langue reçoit d’un trait son foisonnement et sa rationalité, son émotion, sa précision et sa maturité. En avançant ne fût-ce que de quelques pas dans cette étendue, l’on comprend vite que la « langue de Molière » est, en réalité, celle de Bossuet. » 

Les Belles Lettres

Ce que Robert Redeker pense de Maxence Caron

Extrait d’un entretien de Robert Redeker dans L’Opinion :

« Ce que vous préférez dans la philosophie ?

– L’autorité des textes, l’autorité de la pensée. A la racine d’auctoritas, vous avez un verbe, augeo qui veut dire faire naître.

Le philosophe qu’il faudrait lire ou relire aujourd’hui selon vous ? 

– Machiavel. 

Le penseur ou intellectuel le plus injustement méconnu ? 

– Parmi les contemporains, Maxence Caron. C’est un grand. »

(référence : L’Opinion )

Né en 1954 en Ariège, agrégé de philosophie, Robert Redeker a été professeur dans des lycées à Decazeville, Auch, Cugnaux ou Saint-Orens. Il a aussi enseigné à l’Ecole nationale d’aviation civile (ENAC) de Toulouse et au Centre de formation universitaire (CFU) de l’université Toulouse I. Il a également signé des articles et des tribunes dans de nombreux médias (Le Monde, Le Figaro, Marianne…) et a été membre du comité de rédaction de la revue Les Temps modernes. Depuis 2000, il a écrit une vingtaine d’ouvrages parmi lesquels Le Sport contre les peuples (Berg International, 2002), Egobody : la fabrique de l’homme nouveau (Fayard, 2010), Bienheureuse vieillesse (éditions du Rocher, 2015), L’Ecole fantôme (Desclée de Brouwer, 2016) ou Les Sentinelles d’humanité. Philosophie de l’héroïsme et de la sainteté (Desclée de Brouwer, 2020).

Parution : « Immédiates III » de Maxence Caron

Maxence Caron a de nouveau choisi La Cinquième Saison pour publier un nouvel ouvrage : Immédiates III

On trouvera ainsi le texte dans le 27e numéro de la revue, numéro dirigé par Romain Debluë pour les Editions de l’Aire : 

La Cinquième Saison, n° 27, été 2025, « La littérature au grand jour ».  

NB : les deux ouvrages Immédiates I et Immédiates II ont été publiés respectivement dans le numéro 24 et le numéro 26 de la même revue.

Parution : Adam Smith dans les « Classiques favoris »

En librairie le 5 septembre 2025

Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la Richesse des nations, traduction de Germain Garnier entièrement revue.
Avec les commentaires de David Buchanan, Germain Garnier, John R. McCulloch, Robert Malthus, James Mill, David Ricardo, Jean de Sismondi et les notes inédites de Jean-Baptiste Say.
Notice biographique et éclaircissements historiques par Adolphe Blanqui, de l’Institut.
Broché, 1328 pages, Les Belles Lettres, 2025

Peu d’ouvrages ont eu une influence aussi immédiate et profonde que les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. Chaque événement de notre époque ne cesse de retentir comme l’une de ses prophéties ou de ses variations. Quand Adam Smith (1723-1790) le fait paraître en 1776, il a peu publié et il est au soir de sa vie. Le livre se présente comme une enquête et un roman d’initiation où se trouve peint le tableau de l’activité humaine. Chaque contradiction de cette condition collective est débusquée puis analysée. À l’aide de concepts inédits, l’auteur établit dès lors une philosophie générale des lois naturelles sous-jacentes à tout désordre, car il faut en laisser s’exprimer les forces pour qu’au cœur de la discorde l’équilibre se dessine en un ordre libre et spontané. 

Se découvre ainsi le système possible d’une politique venue du centre caché de la nature de toutes choses, une politique absolue et absolument souple, qui dissout l’agressive vanité des relations communes dans l’autorégulation vertueuse d’un dialogue universel. Il s’agit de rendre à soi-même la sympathie inhérente à cette économie naturelle, afin qu’elle se répande parmi les hommes et fasse prospérer leur travail parmi les nations. Adam Smith invente ici d’un même trait l’économie politique, la géopolitique et la philosophie de l’histoire. 

Ce somptueux livre Sur la richesse des nations est l’œuvre d’un esprit puissamment fondateur, à telle enseigne qu’après Adam Smith on ne parlera plus jamais de ce dont il a parlé sans d’abord parler de lui. Depuis deux siècles et demi, la hauteur de cette œuvre ne cesse de raconter en détail le fonctionnement, les erreurs et le destin des civilisations. Bien au-delà de Marx, Adam Smith est l’auteur qui, dans le silence, a le plus influencé et qui influence le plus ceux dont les décisions pèsent sur la marche du monde. 

Les traductions complètes de ce grand livre sont peu nombreuses. Et en dépit de leur inélégance les récentes traductions ne gagnent guère en précision. La traduction la plus belle et la plus fidèle est celle de Germain Garnier soigneusement révisée par Adolphe Blanqui. Introduite et annotée par les grands auteurs de la pensée économique moderne (Blanqui, McCulloch, Mill, Malthus, Ricardo, Sismondi, Say…), voici en son intégralité la meilleure édition de ce chef-d’œuvre, car elle était introuvable.

On peut lire ici un extrait

On peut écouter ici le texte

Elisabeth Bart, « La Recherche du Royaume »

Elisabeth Bart, qui fit paraître chez Pierre-Guillaume de Roux la première édition de son livre, désormais classique, Les Incandescentes (réimprimé aux Editions R&N ), a publié ces derniers mois La Recherche du Royaume (Ed. Ovadia).

L’ultime chapitre de son ouvrage est consacré à l’oeuvre de Maxence Caron, et notamment à son roman L’Insolent.