Les Belles Lettres publient à la rentrée, dans la collection des « Classiques favoris », un considérable volume des oeuvres de Claudel. Le livre édite ses oeuvres capitales, dont on ne pouvait se procurer le texte que difficilement.
Ce volume n’a pas grand-chose à voir avec ce que l’on publia jusqu’à présent de Claudel. Il ne s’agit donc pas d’une « redécouverte » mais de la véritable découverte d’un auteur dont, hormis quelques pièces de théâtre, on ne connaît pas les livres majeurs.
L’ensemble est remarquablement préfacé par son arrière-petite-fille, Emilie d’Arvieu, religieuse dominicaine sous le nom de Soeur Marie de l’Assomption.
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Paul Claudel Oeuvres prophétiques Les Belles Lettres, 1014 pages Parution le 4 septembre 2026
« Chef d’oeuvre qui invente de nouvelles et multiples formes en une intensité ininterrompue, Le Chant cathédral voit paraître son 2e tome, le plus ambitieux, le plus vertigineux. Il ouvre un avenir immense et permet à la création littéraire de reprendre son cours. Ce n’est pas seulement un monument, c’est un acte héroïque : à la fois un bouleversement total de la littérature telle qu’on la connaît, et sa refondation. » J.-P. M.
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Maxence Caron, Le Chant cathédral, chants 41 à 100, Les Belles Lettres, 2026, 1302 pages, 75 €
Avec ses 42 500 versets, Le Chant cathédral est le plus long poème de notre littérature. Il est aussi l’oeuvre d’un auteur qui, ayant accompli la refondation de la pensée en un monumental système de philosophie, rend désormais la parole à sa source en habitant le coeur même de son émergence. Par ce Poëme, Maxence Caron pose un nouvel acte fondateur. Il parle depuis un lieu d’où la langue déploie une envergure et des possibilités qu’on n’avait encore jamais vues. Au sein de ce Chant cathédral, de cette épopée qui est à la fois celle de l’humanité, de l’histoire, de l’Ultime, et du langage, l’auteur déploie une oeuvre d’art totale. Le premier tome révélait la puissance de son orchestre, le deuxième en use pleinement et jusqu’au vertige. Les 60 nouveaux chants qui composent cette deuxième partie sont répartis en neuf livres : les quatre nouvelles Symphonies de psaumes alternent avec les grands hymnes consacrés à l’Histoire universelle du Salut : grandes fresques bibliques, portraits des Apôtres et des Rois, grands hymnes à la Vierge, visions prophétiques…En un flot surmaîtrisé d’images et de musiques insondables, les audaces de Rimbaud et d’Ezra Pound sont débordées. Car cette deuxième partie du Chant cathédral ne se caractérise pas seulement par l’élévation épique qui regarde Dante, Eschyle et Le Tasse en face ; elle est aussi cette oeuvre qui, ayant intégralement traversé l’histoire de notre langue, surplombe ses décrets et dépasse ses avant-gardes en une parole bouleversante et décisive, qui est celle d’une renaissance littéraire. Ce poème magistral est une expérience qui transforme son lecteur en chemin. L’auteur n’écrit pas ici comme le font ses contemporains, mais il écrit dans l’absolu du Poëme. Par cette réconciliation vitale du style et de l’être, Le Chant cathédral crée une rupture dans la manière de lire et d’écouter la littérature. En un monde saturé de phrases vides, une telle oeuvre est ce à quoi l’on s’attendait le moins et que l’on n’osait espérer, tout en étant déjà résolu à lui opposer les contradictions formulées par l’habitude. De la littérature on croyait avoir défini les règles et la liberté, on croyait même avoir défini l’anarchie autorisée. Loin des préjugés, Maxence Caron rattache le langage à une origine dont sa propre exploration des racines de la parole a montré la profondeur et libéré d’insoupçonnables puissances. Une littérature nouvelle en surgit, comme le prouve ce grand livre dont on peut dire, comme on l’a dit un jour de l’oeuvre de Claudel, qu’il est le poème « qui invente la poésie ».
Maxence Caron est né en 1976. Agrégé de philosophie à 22 ans, il est Docteur ès Lettres à 26 ans. Sur décision de C. Lévi-Strauss, J. d’Ormesson et M. Fumaroli, il reçoit au même âge et pour ses jeunes œuvres le prix de philosophie de l’Académie française. Il a 29 ans lorsqu’en 2005, rompant avec toute carrière académique, il rédige La Vérité captive : ce livre d’avant-garde est le premier volume d’un Système nouveau des arts et de la pensée. Il achève ce Système considérable quinze ans plus tard, à 44 ans, puis, établissant une littérature nouvelle, écrit les 42000 versets du Chant cathédral.
Forte à ce jour d’une soixantaine d’ouvrages et d’une centaine de vastes poèmes, dont beaucoup sont aussi longs que des livres, l’œuvre de Maxence Caron contient tous les genres littéraires : aux traités de philosophie monumentaux s’ajoutent ainsi les grands poèmes, les romans, satires, journaux, les livres de littérature, de musique ou d’aphorismes, tous étroitement reliés entre eux. Directeur de collection aux Ed. du Cerf pendant 12 ans, éditeur chez R. Laffont pendant 10 ans pour la collection « Bouquins », Maxence Caron est éditeur aux Belles Lettres depuis 2015, où il dirige la collection des « Classiques favoris ».
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Maxence Caron à 18 ans
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Contenu de l’ouvrage / Table :
Chants XLI à XLIV : IIIe Symphonie de psaumes : « Archiprinciele »
Chants XLV à LVI : Vierge signe de la plénitude des temps
Chants LVII à LX : IVe Symphonie de psaumes : « Potestale »
Chants LXI à LXVII : Protecteur du Verbe, Gardien de la Rédemption
Chants LXVIII à LXX : Ve Symphonie de psaumes : « Vertuale »
Chants LXXI à LXXXII : Hymnes dodécapostoliques (1e partie)
Chants LXXXIII à LXXXVI : VIe Symphonie de psaumes : « Dominiducale »
Chants LXXXVII à XCVIII : Hymnes dodécapostoliques (2e partie)
Précédées de Vie et vocation de Pierre Corneille par Romain Debluë
Présentation et notes d’André Stegmann, avec chronologie, index nominum, glossaire des vers célèbres, et le Corneille de Fontenelle, Les Belles Lettres, 2025, grand format relié, 1204 pages
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« S’il vivait, je le ferais prince », disait Napoléon de Corneille (1606-1684) que, de son côté, La Bruyère avait déjà fait roi, « et un grand roi » ! Ces mouvements d’un enthousiasme aussi intarissable que leur nombre est incalculable, permettent de mieux comprendre que l’auteur du Cid et de Cinna, de l’Illusion comique et de Suréna, n’est pas seulement un grand écrivain : c’est un géant. Il est de la race des Cicéron, Virgile, saint Augustin, Dante et Shakespeare. Jusqu’au début de ce siècle, la France le lisait et le savait par cœur. Mais à mesure que fut établi un environnement de passions qui regardent la grandeur comme une injure, les commissaires des impulsions collectives voulurent déclasser Corneille : sauf par bribes, ou réadaptées, ses œuvres sont donc inaccessibles. En une génération le plus puissant des auteurs classiques est ainsi devenu un poète maudit. Et voici qu’avant-gardiste et révolutionnaire, le classicisme explosif du « vieux Corneille » apparaît tel un péril pour la paix civile. Dans une langue miraculeuse, la gloire cornélienne est celle d’un théâtre qui réinvente toutes les formes du drame. Elle est aussi celle d’une pensée, que disent ses discours, ses lettres et son abondante œuvre poétique. Elle est enfin celle de son opus ultimum, lorsque se détournant de la scène, le grand homme réécrivit en versles Psaumes et les offices du Bréviaire romain. Cet ensemble éclaire de cohérence le sens de chaque ouvrage : si les héroïques figures créées par l’auteur disposent ici des montagnes que la foi déplace, elles traversent à pieds secs l’abîme de faiblesses que seul surmonte le regard fixé sur les traces du Logos. La gloire de l’affirmation cornélienne expose le labyrinthe des déficiences humaines et n’y consent pas. Cette littérature éclatante s’appuie sur la rationalité comme un don divin fait à l’homme au-dessus de soi. Goethe s’en souviendra pour qui « la voix de Corneille porte si loin qu’elle reçoit et forge ce dont l’âme est héroïque ». Corneille lance un défi aux époques où les hommes se haïssent assez pour redouter la force de l’appel à l’humanisme intégral.
À moins de quelque édition spécialisée en plusieurs volumes très onéreux, les Œuvres complètes de Corneille étaient introuvables. 400 ans après la venue au monde de sa première pièce (Mélite en 1625), les voici de nouveau accessibles, accompagnées d’un glossaire des vers célèbres, d’un index des personnages et d’un index nominum. L’ensemble est précédé d’un essai de Romain Debluë, qui constitue le premier texte d’envergure sur Corneille depuis Marc Fumaroli.