Bossuet : parution de l’intégrale des Sermons

Les Sermons, suivis des Oraisons funèbres et des Panégyriques, édition complète établie par Maxence Caron, préface de Renaud Silly o.p., Les Belles Lettres, 2026, livre relié, 18 x 25 cm, XLIV + 2450 pages.

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« Ouvrage fondateur de notre langue, monument de la littérature universelle, les Sermons de Bossuet n’ont fait l’objet d’aucune édition depuis un siècle. En voici l’intégralité. La gloire de ces Sermons tient un éclat auquel nulle autre œuvre ne saurait atteindre. En une relation analogue à celle de Cicéron avec le latin, l’œuvre oratoire de Bossuet constitue ce cœur historique où le génie d’un homme donne ses fondations définitives à l’excellence d’une langue. Ses tournures, ses inventions, son réexamen des usages, son souffle n’ont ainsi cessé d’inspirer les hommes – tandis que Littré illustre constamment de cette voix son Grand Dictionnaire. Puisant au fond des âges pour nourrir l’élévation du siècle, « l’Aigle de Meaux » conjoint le latin, le grec et l’hébreu au sein d’un verbe dont les éblouissantes substructions, par sa parole, sont devenues l’architecture de la nôtre. « Bossuet imite les prophètes, car prophète lui-même, dit Lamartine, il donne à sa langue la hauteur, l’autorité, l’antiquité et la divinité de l’Ancien Testament » : l’accent de l’hébreu et la force de ses images passent avec lui dans le français « qui se moule, colossal, sur le génie incorrect et démesuré de ce Michel-Ange de notre langue ». 

Les Sermons sont l’œuvre d’une vie : Bossuet n’avait que 20 ans quand, bouleversant ses professeurs, il prêcha pour la première fois ; et il prêcha jusqu’à son dernier souffle. Il prononça ses sermons devant la cour aussi bien que devant ses humbles paroissiens. Placé aux plus hautes fonctions par le génie et non par l’intrigue, l’humilité et la force tissent sa personnalité : Mme de La Fayette le décrit ainsi « l’homme le plus doux et le plus franc qui ait jamais été mis à la cour », et l’admiration de La Bruyère lui donne la réputation d’un Père de l’Église. 

Ces sermons suivent le temps liturgique ; il en est donc un pour chaque jour, pour chaque épreuve, pour chaque circonstance. Ils accompagnent l’existence. Ils prennent parfois la forme de « panégyriques » lorsqu’ils font le portrait d’une haute figure de sainteté. Et, à dix célèbres reprises, les sermons devinrent telle oraison funèbre dont les événements commandèrent le devoir. Que ce soit pour vivre, aimer ou souffrir, pour admirer ou mourir, la parole parfaite de Bossuet souffle. Car il est « le plus grand maître de la prose française : son langage contient tous les canons de notre parler. C’est une force, une clarté, une majesté qui baignent l’âme de lumière et la transportent de joie. » (Claudel) Portant en lui cet humanisme qu’il invente et pour qui l’universel entend aller d’Athènes à Jérusalem afin de renaître romain en France, Bossuet érige pendant le Grand Siècle une totalité inouïe au sein de laquelle notre langue reçoit d’un trait son foisonnement et sa rationalité, son émotion, sa précision et sa maturité. En avançant ne fût-ce que de quelques pas dans cette étendue, l’on comprend vite que la « langue de Molière » est, en réalité, celle de Bossuet. » 

Les Belles Lettres

« Que les hommes se taisent de nous… »

« Chrétiens, ne savez-vous pas que Jésus-Christ est encore caché ? Il souffre qu’on blasphème tous les jours son nom, et qu’on se moque de son Evangile, parce que l’heure de sa grande gloire n’est pas arrivée. Il est caché avec son Père, et nous sommes cachés en Dieu avec lui, comme parle le divin Apôtre.
Puisque nous sommes cachés avec lui, ce n’est pas en ce lieu d’exil que nous devons rechercher la gloire; mais quand Jésus se montrera en sa majesté, ce sera alors le temps de paraître.
Ô Dieu qu’il fera beau paraître en ce jour où Jésus nous louera devant ses saints anges, à la face de tout l’univers et devant son Père céleste ! Quelle nuit, quelle obscurité assez longue pourra nous mériter cette gloire ? Que les hommes se taisent de nous éternellement, pourvu que Jésus-Christ en parle en ce jour. »

BOSSUET
Premier Panégyrique de saint Joseph

Revue de presse de Bossuet

Extraits de la revue de presse du coffret des Oeuvres historiques, philosophiques et politiques de Bossuet publié aux Belles Lettres dans l’édition de Maxence Caron, avec une préface de Renaud Silly o.p.

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« Il existe des œuvres qui changent le cours d’une vie et à l’égard desquelles nous contractons une dette littéraire mais aussi religieuse. Bossuet, sans nul doute, fait partie de celles-ci. » Aleteia

« Bossuet rendu à soi-même, à tout ce qu’il y a en lui de la force du bœuf (celui de son nom) et du vol de l’aigle (celui de son surnom) : il fallait bien M. Maxence Caron, qui se plaît aux défis cyclopéens, pour nous proposer en deux volumes le théologien, l’historien, le philosophe, le controversiste, le moraliste ? en un mot, l’écrivain français, dont Bossuet est à jamais la plus haute illustration. » Valeurs actuelles

« Leur lecture réserve une magnifique surprise tant on découvre, à parcourir ces pages, l’étendue du génie d’un auteur trop vite oublié par une modernité qu’il avait pressentie et méthodiquement récusée. » Le Figaro Histoire

« Poussiéreux Bossuet ? Non ! Depuis le passé il nous parle du présent. […] Ses lecteurs le comprendront : l’Aigle de Meaux, l’homme dont l’esprit est un regard d’aigle, n’a pas fini de nous donner des leçons. » Le Figaro Magazine

« Bossuet ne se réduit pas à ses célébrissimes sermons. Grâce au travail d’édition remarquable réalisé par Maxence Caron, il est possible de découvrir en deux admirables volumes la richesse de l’œuvre du « Père de l’Église ». » Les Échos 

Bossuet et le P. Renaud Silly sur Radio Notre-Dame

Le 26 novembre 2020 le père dominicain Renaud Silly répondait à l’invitation de Victor Loupan sur Radio Notre-Dame et parlait de l’oeuvre historique, philosophique et politique de Bossuet récemment parue aux Belles Lettres 

 

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Statue de Bossuet d’après Augustin Pajou

 

« Bossuet, un Homère biblique » : le Père Renaud Silly invité par Storiavoce

Voir ici le site de l’émission

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