On peut lire sur le site des Belles Lettres le début du chant 84 et la conclusion du 100e chant.
Il est également possible de les lire sur Calameo en suivant directement ce lien
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Maxence Caron, Le Chant cathédral, chants 41 à 100, Les Belles Lettres, 2026, 1302 pages, 75 €
A paraître le 3 avril 2026
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Présentation de l’éditeur et biographie de l’auteur à lire sur le site des Belles Lettres
Pour mémoire, le 1er tome du Chant cathédral a été publié aux Belles Lettres il y a neuf mois.
Les Sermons, suivis des Oraisons funèbres et des Panégyriques, édition complète établie par Maxence Caron, préface de Renaud Silly o.p., Les Belles Lettres, 2026, livre relié, 18 x 25 cm, XLIV + 2450 pages.
Écouter un extrait ici
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« Ouvrage fondateur de notre langue, monument de la littérature universelle, les Sermons de Bossuet n’ont fait l’objet d’aucune édition depuis un siècle. En voici l’intégralité. La gloire de ces Sermons tient un éclat auquel nulle autre œuvre ne saurait atteindre. En une relation analogue à celle de Cicéron avec le latin, l’œuvre oratoire de Bossuet constitue ce cœur historique où le génie d’un homme donne ses fondations définitives à l’excellence d’une langue. Ses tournures, ses inventions, son réexamen des usages, son souffle n’ont ainsi cessé d’inspirer les hommes – tandis que Littré illustre constamment de cette voix son Grand Dictionnaire. Puisant au fond des âges pour nourrir l’élévation du siècle, « l’Aigle de Meaux » conjoint le latin, le grec et l’hébreu au sein d’un verbe dont les éblouissantes substructions, par sa parole, sont devenues l’architecture de la nôtre. « Bossuet imite les prophètes, car prophète lui-même, dit Lamartine, il donne à sa langue la hauteur, l’autorité, l’antiquité et la divinité de l’Ancien Testament » : l’accent de l’hébreu et la force de ses images passent avec lui dans le français « qui se moule, colossal, sur le génie incorrect et démesuré de ce Michel-Ange de notre langue ».
Les Sermons sont l’œuvre d’une vie : Bossuet n’avait que 20 ans quand, bouleversant ses professeurs, il prêcha pour la première fois ; et il prêcha jusqu’à son dernier souffle. Il prononça ses sermons devant la cour aussi bien que devant ses humbles paroissiens. Placé aux plus hautes fonctions par le génie et non par l’intrigue, l’humilité et la force tissent sa personnalité : Mme de La Fayette le décrit ainsi « l’homme le plus doux et le plus franc qui ait jamais été mis à la cour », et l’admiration de La Bruyère lui donne la réputation d’un Père de l’Église.
Ces sermons suivent le temps liturgique ; il en est donc un pour chaque jour, pour chaque épreuve, pour chaque circonstance. Ils accompagnent l’existence. Ils prennent parfois la forme de « panégyriques » lorsqu’ils font le portrait d’une haute figure de sainteté. Et, à dix célèbres reprises, les sermons devinrent telle oraison funèbre dont les événements commandèrent le devoir. Que ce soit pour vivre, aimer ou souffrir, pour admirer ou mourir, la parole parfaite de Bossuet souffle. Car il est « le plus grand maître de la prose française : son langage contient tous les canons de notre parler. C’est une force, une clarté, une majesté qui baignent l’âme de lumière et la transportent de joie. » (Claudel) Portant en lui cet humanisme qu’il invente et pour qui l’universel entend aller d’Athènes à Jérusalem afin de renaître romain en France, Bossuet érige pendant le Grand Siècle une totalité inouïe au sein de laquelle notre langue reçoit d’un trait son foisonnement et sa rationalité, son émotion, sa précision et sa maturité. En avançant ne fût-ce que de quelques pas dans cette étendue, l’on comprend vite que la « langue de Molière » est, en réalité, celle de Bossuet. »
« Imaginez telle personne à qui il vous répugnerait de serrer la main, et telle autre avec qui parler vous donne le vertige. Imaginez encore celle-ci que vous méprisez, ou celle-là dont vous avez honte. Imaginez toutes ces personnes que vous ne fréquenteriez pour rien au monde et leur nombre considérable. Imaginez que cette masse un jour vous prenne en affection, vous admire, vous aime et le fasse savoir par monts et par vaux. Imaginez cette masse indigne disant tout ce bien de vous : c’est ce que l’on appelle la popularité. Les assiduités d’une personne qui nous répugne sont un inconvénient ; que si cet inconvénient se trouve cependant un jour multiplié par l’innombrable de la foule, de la masse dont émane à notre égard une admiration non définie, l’inconvénient, pour la plupart, se change en jouissance…
Lorsqu’ils envient la célébrité, les anonymes envient ainsi ceux qu’acclame la somme des individus qu’ils méprisent ; ils seraient et ils sont prêts à tout pour que ceux qu’ils contemptent les plébiscitent. L’on n’a vécu la célébrité que lorsque la quantité des enthousiastes fait oublier qu’on ne passerait pas une minute avec l’un d’entre eux.
Bruyante, la popularité attroupe en un point de fixation inflatif la bassesse qui motive chacun des suffrages. Il en va d’une burlesquerie que quiconque en soit fier. Mais qu’on y puisse devenir méprisant est obscène, puisque l’on ne s’y trouve précisément que pour n’avoir pas méprisé le mépris. »
Maxence Caron, Immédiates IV (à paraître)
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