Dans son numéro de juin 2026, le magazine « Lire » a publié un bel article de Serge Sanchez sur Le 2e tome du Chant cathédral, en le reliant au 1e tome.
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Le Chant cathédral — Poëme épique et perpétuel, 2 volumes :
– tome 1, chants 1 à 40, Les Belles Lettres, juin 2025. 1120 p.
– tome 2, chants 41 à 100, Les Belles Lettres, avril 2026. 1302 p.
« À ceux qui liront et comprendront véritablement la philosophie que j’ai dite, je promets une amélioration d’existence que jamais leur imagination n’eut l’audace d’espérer. Pour obtenir le bénéfice de ce résultat, il faut suspendre en soi l’automate et ses réprobations de cantinière, il faut cesser de s’embrunir au sein de gaberies incantatoires, il faut révoquer les tristes jouissances collectives à galéjader et geindre désastrément, et il faut simplement travailler : il faut comprendre pleinement de quoi il est question. La probité de l’intelligence a ses droits et son histoire. Sans rien connaître du contenu, a-t-on jamais dit sérieusement d’un livre qu’il est trop volumineux ou trop difficile ? À moins de n’avoir pas l’impudeur de s’avouer impotent : non.
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La philosophie véritable est difficile, et elle l’est encore plus pour ceux qui sont loin du but qu’elle propose au travail de ses lecteurs. Or son but est un accroissement de joie dont ils ne peuvent mesurer l’ampleur au sein de cet état de délabrement où ils sont avant de commencer, et qui paralyse la plupart d’entre ceux qui ont le plus besoin d’elle. Tels des possédés, ce sont généralement ceux qui ont le plus besoin d’elle qui insultent le plus grossièrement les difficultés de la philosophie, et qui, en une langue indéchiffrablement vile, accusent le prétendu « jargon » des philosophes. »
Maxence Caron Les Immédiates
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🇬🇧 In English :
« To those who will truly read and understand the philosophy I have uttered, I promise an improvement of existence that never did their imagination have the audacity to hope for. To obtain the benefit of this result, one must suspend within oneself the automaton and its scullery-maid reprobations; one must cease to darken oneself in the midst of incantatory mockery; one must revoke those dismal collective pleasures of jesting and groaning disastrously; and one must simply work: one must fully understand what is in question. The probity of the intellect has its rights and its history. Without knowing anything of the content, has anyone ever seriously said of a book that it is too voluminous or too difficult? Unless one lacks the impudence to confess oneself impotent: no.
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True philosophy is difficult, and it is even more so for those who are far from the goal it proposes to the labor of its readers. Yet its goal is an augmentation of joy, the scale of which they cannot measure from within that state of dilapidation wherein they are before beginning, and which paralyzes most of those who have the most need of it. Like the possessed, it is generally those who have the most need of philosophy who most grossly insult its difficulties, and who, in an undecipherably vile tongue, accuse the so-called ‘jargon’ of philosophers. »
« Chef d’oeuvre qui invente de nouvelles et multiples formes en une intensité ininterrompue, Le Chant cathédral voit paraître son 2e tome, le plus ambitieux, le plus vertigineux. Il ouvre un avenir immense et permet à la création littéraire de reprendre son cours. Ce n’est pas seulement un monument, c’est un acte héroïque : à la fois un bouleversement total de la littérature telle qu’on la connaît, et sa refondation. » J.-P. M.
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Maxence Caron, Le Chant cathédral, chants 41 à 100, Les Belles Lettres, 2026, 1302 pages, 75 €
Avec ses 42 500 versets, Le Chant cathédral est le plus long poème de notre littérature. Il est aussi l’oeuvre d’un auteur qui, ayant accompli la refondation de la pensée en un monumental système de philosophie, rend désormais la parole à sa source en habitant le coeur même de son émergence. Par ce Poëme, Maxence Caron pose un nouvel acte fondateur. Il parle depuis un lieu d’où la langue déploie une envergure et des possibilités qu’on n’avait encore jamais vues. Au sein de ce Chant cathédral, de cette épopée qui est à la fois celle de l’humanité, de l’histoire, de l’Ultime, et du langage, l’auteur déploie une oeuvre d’art totale. Le premier tome révélait la puissance de son orchestre, le deuxième en use pleinement et jusqu’au vertige. Les 60 nouveaux chants qui composent cette deuxième partie sont répartis en neuf livres : les quatre nouvelles Symphonies de psaumes alternent avec les grands hymnes consacrés à l’Histoire universelle du Salut : grandes fresques bibliques, portraits des Apôtres et des Rois, grands hymnes à la Vierge, visions prophétiques…En un flot surmaîtrisé d’images et de musiques insondables, les audaces de Rimbaud et d’Ezra Pound sont débordées. Car cette deuxième partie du Chant cathédral ne se caractérise pas seulement par l’élévation épique qui regarde Dante, Eschyle et Le Tasse en face ; elle est aussi cette oeuvre qui, ayant intégralement traversé l’histoire de notre langue, surplombe ses décrets et dépasse ses avant-gardes en une parole bouleversante et décisive, qui est celle d’une renaissance littéraire. Ce poème magistral est une expérience qui transforme son lecteur en chemin. L’auteur n’écrit pas ici comme le font ses contemporains, mais il écrit dans l’absolu du Poëme. Par cette réconciliation vitale du style et de l’être, Le Chant cathédral crée une rupture dans la manière de lire et d’écouter la littérature. En un monde saturé de phrases vides, une telle oeuvre est ce à quoi l’on s’attendait le moins et que l’on n’osait espérer, tout en étant déjà résolu à lui opposer les contradictions formulées par l’habitude. De la littérature on croyait avoir défini les règles et la liberté, on croyait même avoir défini l’anarchie autorisée. Loin des préjugés, Maxence Caron rattache le langage à une origine dont sa propre exploration des racines de la parole a montré la profondeur et libéré d’insoupçonnables puissances. Une littérature nouvelle en surgit, comme le prouve ce grand livre dont on peut dire, comme on l’a dit un jour de l’oeuvre de Claudel, qu’il est le poème « qui invente la poésie ».
Maxence Caron est né en 1976. Agrégé de philosophie à 22 ans, il est Docteur ès Lettres à 26 ans. Sur décision de C. Lévi-Strauss, J. d’Ormesson et M. Fumaroli, il reçoit au même âge et pour ses jeunes œuvres le prix de philosophie de l’Académie française. Il a 29 ans lorsqu’en 2005, rompant avec toute carrière académique, il rédige La Vérité captive : ce livre d’avant-garde est le premier volume d’un Système nouveau des arts et de la pensée. Il achève ce Système considérable quinze ans plus tard, à 44 ans, puis, établissant une littérature nouvelle, écrit les 42000 versets du Chant cathédral.
Forte à ce jour d’une soixantaine d’ouvrages et d’une centaine de vastes poèmes, dont beaucoup sont aussi longs que des livres, l’œuvre de Maxence Caron contient tous les genres littéraires : aux traités de philosophie monumentaux s’ajoutent ainsi les grands poèmes, les romans, satires, journaux, les livres de littérature, de musique ou d’aphorismes, tous étroitement reliés entre eux. Directeur de collection aux Ed. du Cerf pendant 12 ans, éditeur chez R. Laffont pendant 10 ans pour la collection « Bouquins », Maxence Caron est éditeur aux Belles Lettres depuis 2015, où il dirige la collection des « Classiques favoris ».
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Maxence Caron à 18 ans
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Contenu de l’ouvrage / Table :
Chants XLI à XLIV : IIIe Symphonie de psaumes : « Archiprinciele »
Chants XLV à LVI : Vierge signe de la plénitude des temps
Chants LVII à LX : IVe Symphonie de psaumes : « Potestale »
Chants LXI à LXVII : Protecteur du Verbe, Gardien de la Rédemption
Chants LXVIII à LXX : Ve Symphonie de psaumes : « Vertuale »
Chants LXXI à LXXXII : Hymnes dodécapostoliques (1e partie)
Chants LXXXIII à LXXXVI : VIe Symphonie de psaumes : « Dominiducale »
Chants LXXXVII à XCVIII : Hymnes dodécapostoliques (2e partie)