Maxence Caron, Philippe Muray, Maurice Dantec, François Taillandier, et bien d’autres : en un ouvrage collectif inespéré, Jacques de Guillebon réunit les plumes dont certaines sont les plus originales et les plus libres de l’époque

L’homme a-t-il besoin du Christ?

A paraître en mars : Se procurer l’ouvrage

Jamais les fondements de l’existence et de la pensée n’ont paru aussi instables, et pour échapper aux formes sans cesse mouvantes de l’idéologie moderne, vingt personnalités proposent ici un regard neuf sur l’héritage chrétien à travers leur vie ou à travers leurs œuvres.
Revenir à ce qui constitue une part majeure de notre Histoire, tel est le fruit de leur réflexion. Par delà leur diversité, leur libre parole inspirée par l’Evangile, chacun d’entre eux appelle à un supplément d’âme et d’esprit critique, comme principe de civilisation.

Contributions de : Jacques de Guillebon – Gil Bailie – Matthieu Baumier – Jean-Louis Bolte – Maxence Caron – Maurice G. Dantec – Claire Debru – Chantal Delsol – Christian Ganachaud – Gwen Garnier-Duguy – Falk van Gaver – Christophe Geffroy – Jean-Claude Guillebaud – Fabrice Hadjadj – Philippe Le Guillou – Rémi Lélian – Philippe Muray – Florentin Piffard – François Taillandier, coord : J. de Guillebon.

« Observer une pensée neuve naître sous nos yeux » : un article de Rémi Lelian sur « La Vérité captive »

Un article sur le site Boojum :

Détruire les idoles de la modernité afin de ramener la pensée à sa juste nature, celle de la recherche du Dieu incarné


LA VERITE CAPTIVE
De la philosophie

*

Maxence Caron

*

Le Cerf et Ad Solem, octobre 2009,

1119 pages, 63 €

*

Mélange de traité et de manifeste introduit par un pamphlet pour s’achever d’un poème ; avec La Vérité Captive Maxence Caron signe là un authentique brûlot métaphysique qui n’a assurément pas fini de faire parler de lui. Premier tome d’une octalogie qui entend refonder la philosophie dans son ensemble, et pour ce faire va, dans ce présent volume, passer au crible les pensées modernes et contemporaines qualifiées pour l’occasion de Misosophie, c’est-à-dire de haine de la sagesse. Entreprise de destruction massive d’un jeune philosophe catholique, réputé notamment pour sa brillante thèse sur Heidegger et reconnu de l’université, ce qui nous interdit de prêter à sa plume l’énergie du ressentiment, cet ouvrage clairement polémique laisse présager que la philosophie, en France, est encore capable de produire autre chose que des querelles absconses sur « le sexe des anges », et que, nonobstant les tenants médiatiques d’une philosophie du bonheur ou ceux encore d’un engagement politique facile, permane toujours une pensée assoiffée de Vérité qui entend retrouver la source originelle à laquelle s’abreuver enfin.

La Différence fondamentale

Une philosophie originale c’est d’abord un concept original et la mise en relief d’un impensé historique, aussi il n’est nul travail de l’intellect valable qui ne s’interroge sur le déroulé de l’histoire des idées, au sens large. Continue la lecture

Sur « La pensée de Bach » de Maxence Caron : un article de Rémi Lélian dans La Nef

Après Pages – Le Sens, la musique et les mots, et La Vérité captive, Maxence Caron continue d’explorer le double chemin de la métaphysique et de la musique en prenant, cette fois-ci, pour lieu de réflexion celui-là même dont le nom, avec celui de Mozart, est devenu à bien des égards le synonyme de l’art des muses, Art dont Plotin nous rappelle que l’homme qui s’y adonne se place à rang égal du philosophe, directement à l’intérieur de la sphère de l’intelligible : Jean-Sébastien Bach.

Source d’une gigantesque bibliographie, Bach n’est pas de ces compositeurs inconnus que certaines époques ont oublié, tel Monteverdi dont le génie dut s’accommoder de quelques décennies d’ignorance, au contraire, il est plutôt à la mode ; ainsi, il est du meilleur ton de déclarer goûter ses mesures si l’on souhaite se donner l’air mélomane, quand bien même on ne les écoute pas véritablement. Dans ce cas, qu’est-ce que La pensée catholique de Jean-Sébastien Bach – La Messe en si, dont le titre seul, en plaçant « pensée » et « catholique » à son entrée, augure immédiatement d’un parti-pris, sinon franchement iconoclaste, du moins original, peut bien apporter à l’étude du musicien allemand, réputé luthérien ? Eh bien, c’est justement ce « blasphème » moderne qui motive l’ouvrage de Maxence Caron, en prenant la Messe en si à rebours d’une analyse strictement musicale pour en dérouler la puissance intemporelle à la lumière de cette pensée catholique qu’il révèle chez Bach, et dont il démontre avec une audace qui n’a d’égale que l’évidence qu’elle découvre, l’immense perspective métaphysique.

Autre qualité, et non des moindres puisqu’il est ici question de musique, la langue de Maxence Caron. Souffle magistral à l’intérieur duquel s’élabore une symphonie puissante, et qui possède le rare mérite de croiser dans ses phrases une prose intimement classique en même temps que moderne.

Rémi Lélian
La Nef, juillet 2010