La Règle de saint Augustin

RÈGLE DE SAINT AUGUSTIN POUR LES SERVITEURS DE DIEU

 

 

 

DE L’AMOUR DE DIEU ET DU PROCHAIN, DE L’UNION DES CŒURS ET DE LA COMMUNAUTÉ DES BIENS. 

 

1. Avant tout, mes très-chers frères, aimez Dieu, puis le prochain; car c’est à nous principalement que sont donnés ces deux préceptes. Voici donc ce que nous vous ordonnons d’observer dans le monastère où vous êtes établis: d’abord , et c’est le motif qui vous a réunis, c’est que vous viviez en paix dans la maison, et que vous n’ayez qu’un coeur et qu’une âme dans le Seigneur. Ne témoignez jamais posséder rien en propre; que tout soit commun parmi vous. Votre Supérieur distribuera à chacun la nourriture et le vêtement; il ne donnera pas également à tous, parce que tous vous n’avez pas des forces égales, mais plutôt à chacun selon ses besoins. Voici, en effet, ce que vous lisez dans les actes des Apôtres : « Tout entre eux était commun, et on donnait à chacun selon que chacun avait besoin (2). » Continuer à lire « La Règle de saint Augustin »

Les Confessions de saint Augustin : Livres XII et XIII (fin).

Gozzoli, "Le saint Evêque d'Hippone rend la justice"

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LES CONFESSIONS

de

SAINT AUGUSTIN

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LIVRE DOUZIÈME

LE CIEL ET LA TERRE

Le Ciel, création des natures spirituelles. — La Terre, création de la matière primitive. — Profondeur de I’Ecriture. —Des divers sens qu’elle peut réunir. — Tous les sens prévus par le Saint-Esprit.

CHAPITRE PREMIER.

LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ EST PÉNIBLE.

1.         Sollicité, sous les haillons de cette vie, par les paroles de votre sainte Ecriture, mon coeur, ô Dieu ! est en proie aux plus vives perplexités. Et de là ce luxe indigent de langage qu’étale d’ordinaire l’intelligence humaine; car la recherche de la vérité coûte plus de paroles que sa découverte, la demande d’une grâce plus de temps que le succès; et la porte est plus dure à frapper que l’aumône à recevoir. Mais nous avons votre promesse; qui pourrait la détruire? « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?(Rom. VIII, 31)  Demandez, et vous recevrez; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et il vous sera ouvert : car qui demande, reçoit; qui cherche, trouve, et on ouvre à qui frappe (Matth. VII, 7-8).» Telles sont vos promesses; et qui craindra d’être trompé, quand la Vérité même s’engage? Continuer à lire « Les Confessions de saint Augustin : Livres XII et XIII (fin). »

Les Confessions de saint Augustin : Livres X et XI

Gozzoli, "L'enterrement de sainte Monique"

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LES CONFESSIONS

de

SAINT AUGUSTIN

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LIVRE DIXIÈME.

CHANGEMENT PRODUIT DANS L’AME D’AUGUSTIN

Confession du coeur. — Ce qu’il sait avec certitude, c’est qu’il aime Dieu. — Il le cherche et le trouve dans sa mémoire. —Puissance incompréhensible dont il décrit les merveilles. — Il s’interroge sur la triple tentation de la volupté, de la curiosité et de l’orgueil. — Il remet à Notre-Seigneur Jésus-Christ, seul médiateur entre Dieu et les hommes, la guérison des maux de son âme.

CHAPITRE PREMIER.

ÉLÉVATION.

1.         Que je vous connaisse, intime connaisseur de l’homme! que je vous connaisse comme vous me connaissez ( I Cor. XIII, 12)! Force de mon âme, pénétrez-la, transformez-la, pour qu’elle soit vôtre et par vous possédée sans tache et sans ride (Ephés. V, 27)! C’est là tout mon espoir, toute ma parole! Ma joie est dans cet espoir lorsqu’elle n’est pas insensée. Quant au reste des choses de cette vie, moins elles valent de larmes, plus on leur en donne; plus elles sont déplorables, moins on les pleure ! Mais, vous l’avez dit, vous aimez la vérité, Seigneur (Ps, L, 8); et celui qui l’accomplit vient à la lumière (Jean, III, 21): qu’elle soit donc dans mon coeur qui se confesse à vous, qu’elle soit dans cet écrit qui me confesse à tous! Continuer à lire « Les Confessions de saint Augustin : Livres X et XI »

Les Confessions de saint Augustin : Livres VI à IX

Gozzoli, "Saint Augustin entend le "Tolle, lege""

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LES CONFESSIONS

de

SAINT AUGUSTIN

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LIVRE SIXIÈME.

AUGUSTIN A TRENTE ANS

Sainte Monique retrouve son fils à Milan. — Assiduité d’Augustin aux prédications de saint Ambroise. — Son ami Alypius. — Projet de vie en commun avec ses amis. — Sa crainte de la mort et du jugement.

CHAPITRE PREMIER.

SAINTE MONIQUE SUIT SON FILS A MILAN.

1.         O mon espérance dès ma jeunesse, où donc vous cachiez-vous à moi? où vous étiez-voui retiré? N’est-ce pas vous qui m’aviez fait si différent des brutes de la terre et des oiseaux du ciel? Vous m’aviez donné la lumière qui leur manque, et je marchais dans la voie ténébreuse et glissante; je vous cherchais hors de moi et je ne trouvais pas le Dieu de mon coeur. J’avais roulé dans la mer profonde, et j’étais dans la défiance et le désespoir de trouver jamais la vérité.

Et déjà j’avais auprès de moi ma mère. Elle était accourue, forte de sa piété, me suivant par mer et par terre, sûre de vous dans tous les dangers. Au milieu des hasards de la mer, elle encourageait les matelots mêmes qui encouragent d’ordinaire les novices affronteurs de l’abîme, et leur promettait l’heureux terme de la traversée, parce que, dans une vision, vous lui en aviez fait la promesse. Elle me trouva dans le plus grand des périls, le désespoir de rencontrer la vérité. Continuer à lire « Les Confessions de saint Augustin : Livres VI à IX »

Les Confessions de saint Augustin : Livres I à V

Gozzoli, "Saint Augustin : l'arrivée à Ostie"

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LES CONFESSIONS

de

SAINT AUGUSTIN

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LIVRE PREMIER

ENFANCE DE SAINT AUGUSTIN

Invocation. — Ses premières années. — Péchés de son enfance . — Haine de l’étude . — Amour du jeu.

CHAPITRE PREMIER.

GRANDEUR DE DIEU.

1.         « Vous êtes grand, Seigneur, et infiniment louable (Ps, CXLIV, 3) ; grande est votre puissance, et il n’est point de mesure à votre sagesse (Ps. CXLVI, 5). » Et c’est vous que l’homme veut louer, chétive partie de votre création, être de boue, promenant sa mortalité, et par elle le témoignage de son péché, et la preuve éloquente que vous résistez, Dieu que vous êtes, aux superbes (I Petr. V, 5) ! Et pourtant il veut vous louer, cet homme, chétive partie de votre création! Vous l’excitez à se complaire dans vos louanges; car vous nous avez faits pour vous, et notre coeur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en vous.

Donnez-moi, Seigneur, de savoir et de comprendre si notre premier acte est de vous invoquer ou de vous louer, et s’il faut, d’abord, vous connaître ou vous invoquer. Continuer à lire « Les Confessions de saint Augustin : Livres I à V »