Paul Valéry lit un extrait de son « Cimetière marin »

Valéry lit Valéry : Le Cimetière Marin (extrait) :

Valery Cimetière marin

Le texte du poème :

 

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes ;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée
Ô récompense après une pensée
Qu’un long regard sur le calme des dieux !

Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d’imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir !
Quand sur l’abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d’une éternelle cause,
Le Temps scintille et le Songe est savoir. Continue la lecture

Discours de réception de Valéry à l’Académie française, contournant le traditionnel éloge du prédécesseur (Anatole France)

Réception de M. Paul Valéry

DISCOURS PRONONCÉ DANS LA SÉANCE PUBLIQUE
le jeudi 23 juin 1927

PARIS

 

M. Paul Valéry, ayant été élu par l’Académie française à la place laissée vacante par la mort de M. Anatole France, y est venu prendre séance le 23 juin 1927, et a prononcé le discours qui suit :

Messieurs,

Les premiers mots qu’on vous adresse sont toujours d’une vérité particulière. Il est bien remarquable qu’un discours dicté par l’usage, un remerciement de cérémonie qui pourrait se réduire à une apparence gracieuse engendre nécessairement dans celui qui parle le même sentiment qu’il vous exprime, et un état de pure et parfaite sincérité. En ce point singulier d’une existence où l’on paraît un instant devant votre Compagnie, avant que de s’y confondre, toutes nos raisons d’être modestes, qui sont assez souvent paresseuses et profondément retirées, se font vives et puissantes. Nous sommes inspirés d’être pour nous plus sévères et plus difficiles que ne le fut l’Académie. Notre poids nous semble léger. Nos ouvrages nous sont une pincée de cendres ; et sur le seuil de votre audience, éprouvant invinciblement ce que l’on doit à votre faveur, on éprouve ce que l’on est et l’on se dit que tout arrive. Continue la lecture