Maxence Caron joue le Prélude de la 2è Suite Anglaise (BWV 807) :
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Maxence Caron : Introduction à Wagner (22 mai 1813-22 mai 2013)
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Maxence Caron joue le Prélude & Fugue en fa dièse majeur du Clavier bien tempéré (Livre I) :
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(Précision : la fugue commence à la 2è mn et 05 s)
Le Vollandais houlant et sa trière veillent l’heure *
15 mai 2012
Au lendemain d’un renouvellement quinquennal,
regard d’un non-votant sur la Franscaille qui urne
Le moment de l’étronymisation d’un nouveau Geronimo est si solennel aux nombreux Apaches à chiques, que ceux-ci en aucun cas ne sauraient admettre que la circonstance fût dénuée de cette honorifique et dynamique inventivité où, par le train des stimulations tribales, se déploient diverses conséquences « esthétiques ». Esthétique… Dans le cadre du clan des vollandistes, cette épithète ne suffit point à dire la singularité de la chose, car l’esthétique ne fut guère honorée pour honorer le nouvel honoré, mais il s’est plutôt agi de revenir à la plus rudimentaire expression de la manifestation unitaire, sans aucun effort transfigurant ; tout l’effort en tel contexte se concentre dans la foi de se concentrer, offrant à constater combien telle tribu, à travers l’essai d’un rituel, cherche sans amour sa liturgie. Et ce rituel se révèle plus étrange à mesure qu’il relève d’un ésotérisme dont, bien que simplistes soient les mystères de tel culte, les initiés seuls comprennent immédiatement la langue et le cérémonial.
Afin qu’entre connivents il soit loisible de se parler, une tribu nouvellement unie autour du faciès empaillé et remplumé du chef dont elle est symboliquement nécessiteuse, possède aussi, toujours, ses signaux de fumée – ici ses nuages de suie sans flamme, tous emplis d’un sens clos. Des codes peuvent s’avérer parfaitement plats, la fadeur cependant d’aucune fadaise ne lui ôte jamais la vertu de manifester les labyrinthes gluant ses conventions et le méli-mélo de son chiffre.
Une fois écrémé le nouveau chef afin qu’il déterre la hache à guéguerre et qu’il parte à la conquête du territoire, chacun de ses larbins espère couvrir de sa propre pelure l’un des sièges d’où l’on peut oukaser sans remuer la culasse quoi qu’aucun ne se soit jamais demandé d’où vient qu’à s’y délecter une signification soit accordée ; et chacune de ses squaws plie de l’éventail puisque espère d’être récompensée comme il se doit. Tout bouge alentour, c’est l’affairement, c’est l’excitoire dans l’espoir de devenir le domestique ou la couche-toi-là de la minute d’après, celui ou celle dont les services valetailleux ouvriront ce que le jargon politique nomme « un portefeuille » ; tout remue donc d’inventions, d’intrigues, le compliment accumule le poids de la flaque où spume méthodiquement la polymorphologie de ses postillons, et l’on crée conséquemment des symboles de ralliement : ainsi de certaines danses en qui ce nouveau cycle de la vie partisane se reconnaît comme s’il était auteur paradoxal d’un nouvel art premier tout brûlant d’être déjà dernier.
Or il se trouve que la chorégraphie du rituel vollandique me chatouille : elle est assurément trop bête pour être honnête. Simultanément gavée de sens secret et bourrelée de contenus obvies, elle s’impose imperceptiblement comme l’un de ces serpents que je soupçonne d’être un signifiant qui, la saloperie, siffle et se secoue sans souplesse sur le sol soit sous nos têtes.
Bergson, sous la direction de Camille Riquier, Le Cerf, 2012
Article issu du site Actu Philosophia
La philosophie de Bergson jouit incontestablement d’une bonne audience, et ceci peut s’expliquer par plusieurs raisons. Il s’agit d’abord d’une philosophie au sens classique du terme. Elle propose en effet une ontologie, à même de nourrir les réflexions les plus profondes sur l’homme, le monde, et leur sens. Ensuite, elle se veut une pensée du changement, et non d’une totalité achevée. Dans un monde aux rapides mutations, quoi de plus appropriée qu’une philosophie qui fait du devenir le centre de son attention ? Enfin, l’œuvre de Bergson fait l’objet d’une véritable redécouverte, retardée – comme l’indique Camille Riquier au début de ce recueil d’études – par le choc de la seconde guerre mondiale et les inflexions intellectuelles que cette tragédie a induites.
Cet ouvrage ne fait que renforcer l’idée que la philosophie de Bergson est un terrain largement inexploré. Les contributions sont variées, et ne portent pas sur des détails imperceptibles de l’œuvre, pas plus qu’elles ne cherchent une nouvelle interprétation d’un texte épuisé. A chaque fois, c’est une question centrale sur l’œuvre, presque trop pour des textes si courts, qui est posée. Le lecteur de Bergson y trouvera ainsi de nombreuses interprétations stimulantes. Pour le non-initié, les analyses sont parfois d’une technicité élevée, et on ne peut que recommander de lire l’auteur lui-même avant d’aborder ces contributions, qui n’ont pas pour rôle d’introduire au bergsonisme.
Les études sont néanmoins bien différentes dans l’esprit. Certaines abordent des thèmes classiques et profonds, comme l’admirable contribution de Jean-François Marquet : Bergson et la morale du bon sens – qui peut justifier à elle seule l’achat du volume. Lire la suite…
Maxence Caron joue Bach : le Prélude & Fugue BWV 853
du Clavier bien tempéré (Livre I) :
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(Précision : la fugue commence à la 3è mn et 40 s)
Wagner à Paris en 1861
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RICHARD WAGNER
Lettre au sujet de l’exécution du Tannhäuser à Paris
Paris, 27 mars 1861.
Je vous ai promis des renseignements circonstanciés sur toute mon affaire du Tannhæuser à Paris ; c’est maintenant le cas de m’acquitter de ma promesse, et je le fais même d’autant plus volontiers, que l’affaire a pris une si franche tournure, et que je peux maintenant la voir de haut, en embrasser tout le détail, et en donner un aperçu de sang-froid, comme si c’était pour moi-même. Pour la bonne intelligence de la chose, il est nécessaire que je touche quelques mots des vrais motifs qui m’ont décidé à aller à Paris plutôt qu’ailleurs. S’il vous plaît donc, je commencerai par là. Lire la suite…
Maxence Caron joue une Improvisation de Gabriel Fauré :
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Richard Wagner
UNE VISITE À BEETHOVEN
Épisode de la vie d’un musicien allemand
(traduction Henri Silège)
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« Pauvreté, dure indigence, compagne habituelle de l’artiste allemand, c’est à toi qu’en écrivant ici ces pieux souvenirs, je dois adresser mon invocation première. Je veux te célébrer, toi, ma patronne fidèle, qui m’as suivi constamment en tous lieux ; toi qui, de ton bras d’airain, m’as préservé des vicissitudes d’une fortune décevante, et qui m’as si bien abrité contre les rayons enivrants de son soleil, grâce au nuage épais et sombre dont tu as toujours voilé à mes regards les folles vanités de ce monde. Oui, je te remercie de ta sollicitude maternelle ; mais ne pourrais-tu pas désormais la pratiquer en faveur d’un nouveau protégé ? car la curiosité m’aiguillonne, et je voudrais, ne fût-ce que pour un jour, essayer de l’existence sans ta participation. Pardonne, austère déesse, à cette velléité d’ambition ! Mais tu connais le fond de mon cœur, et tu sais quelle dévotion sincère j’aurai toujours pour ton culte, alors même que je cesserais d’être l’objet favori de ta prédilection. Amen ! »
L’adoption de cette prière quotidienne doit vous dire assez que je suis musicien, et que l’Allemagne est ma patrie. Une ville de moyenne importance me donna le jour. Je ne sais quelles étaient les vues de mes parents sur ma condition à venir ; mais ce que je me rappelle, c’est qu’un soir, ayant entendu une symphonie de Beethoven, j’eus dans la nuit un accès de fièvre, je tombai malade, et qu’après mon rétablissement je devins musicien. Cette circonstance peut expliquer la préférence que je donnai constamment dans la suite aux œuvres de Beethoven, quelque belle musique que j’aie maintes fois entendue. C’était pour moi une affection, une idolâtrie à part. Ma plus vive jouissance fut de me plonger dans l’étude intime, approfondie de ce puissant génie, jusqu’à ce que je crus m’être identifié pour ainsi dire avec lui, jusqu’à ce que mon esprit nourri d’inspirations de plus en plus sublimes me parût être devenu une parcelle de ce rare et merveilleux esprit, jusqu’à ce qu’enfin j’arrivai à cet état d’exaltation que bien des gens traitent de démence.
Folie bien tolérable pourtant, et bien inoffensive. Cela ne me procurait qu’un pain fort sec et une boisson fort crue ; car on ne s’enrichit pas en Allemagne à courir le cachet. Après avoir vécu de la sorte assez longtemps dans ma mansarde, je vins un jour à penser que le grand artiste, objet de ma profonde vénération, vivait encore, et j’eus peine à m’expliquer comment cette idée ne m’était pas venue plus tôt. Le fait est que jamais jusque-là je ne m’étais représenté Beethoven sous une forme humaine pareille à la nôtre Lire la suite…











